Culture

Nos étoiles contraires

02 mars 2014 - 10 : 20

J'ai lu ce livre d'abord parce que ma soeur me l'a conseillé et que le dernier livre qu'elle m'ait conseillé avec autant d'insistance a laissé une marque dans mon cerveau. Et puis je l'ai lu aussi parce que tout le monde en parle et qu'en général, j'aime bien pouvoir en parler moi aussi.


Mais je n'en attendais rien, pour moi il s'agissait d'un livre pour adolescents sur une fille qui a le cancer, ni plus ni moins. J'avais peur de le lire aussi, parce que je pensais savoir comment ça allait finir. J'avais tort. Ce n'est pas une énième histoire d'amour qui finit mal, un énième combat dont on connaît déjà l'issue. Il n'y pas de morale, de happy end, de bons sentiments. Il n'y a pas non plus de cynisme mal placé ou de condescendance. Il n'y a rien de plus que ces trois cent vingt-six pages et demie et eux, tous les deux.


Je n'ai rien vu venir, ni le tournant que prenait l'histoire, ni la vague de sanglots qui me submerge encore à l'heure où j'écris ces mots. Quand j'ouvre un livre, je me prépare toujours un peu à l'avance parce que je sais ce qui m'attend, je me prépare à éviter d'être trop violentée par ces mots qui trouvent toujours écho en moi. Mais rien, pas même les avertissements de mes amies, n'auraient pu me préparer à ça.


Et à cet instant précis, pour la première fois depuis que j'ai découvert que je savais écrire, je me fous de New-York, de devenir chanteuse, d'écrire un best-seller, de vivre une grande et belle histoire d'amour... A cet instant précis, la seule chose que je veux, c'est parvenir un jour à écrire une histoire aussi humaine et forte que celle-ci.


Le genre d'histoire qui, à première vue, n'a rien d'extraordinaire, qui pour certain est même d'une banalité à pleurer mais qui est si juste, si vraie qu'elle fait s'incliner les Ann Brashares, J.K Rowling, Gayle Forman et autres génies que j'admire tant. Je ne pourrais pas expliquer ce que j'ai ressenti en lisant ce livre, en le finissant. Cette impression d’être à la fois d'être brisée et si entière, cette douleur dans la poitrine comme une longue apnée ou une inspiration après un sanglot brûlant, cette paix intérieure entrecoupée du vent de la tempête, cette mélancolie tâchée de bonheur. La vie, quoi.


C'est la deuxième claque littéraire que je prends en l'espace de quinze jours. La première m'est apparue sous la forme d'un livre de poche, "Le Dieu des Petits Riens" d'Arundhati Roy qui m'a montré d'autres horizons de la littérature pour adultes alors que je m'enfermais dans mes auteurs fétiches. Le second, c'est ce livre pour ados, avec sa couverture toute simple : fond bleu, deux nuages, noir en haut, blanc en bas. Et ces trois mots comme écrits à la craie, parce que rien n'est éternel : "Nos étoiles contraires". Ce livre qui m'a démontré que la littérature jeunesse avait encore bien des choses à m'apprendre, qu'elle pouvait encore me surprendre.


Ce roman qui, comme quelques autres avant lui, a laissé une empreinte au fer rouge, à l'encre indélébile dans mon cerveau. Maintenant, je n'ai plus qu'à prier. Prier pour prendre encore d'autres claques de ce genre, pour ne pas être déçue par les autres livres de John Green, par l'adaptation cinématographique qui va sortir cet été aussi, pour continuer à être retournée par ces mots, par trois cent vingt-six pages et demie qui me font me remettre en question, encore et encore. Parce que, avant tout, la vraie force de la littérature, c'est ça.

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