Famille

Comment les Français sont devenus addicts aux sites de rencontres

06 mai 2019 - 11 : 49
par Laura

Les sites de rencontre sont de plus en plus nombreux et populaires chez les Français. Que vous cherchiez l'amour de votre vie ou une rencontre d'un soir (parfois même en trompant votre partenaire), vous trouverez nécessairement une plateforme répondant à vos attentes.

Le problème est que cette frénésie de la rencontre et la possibilité de pouvoir contacter en quelques clics des centaines de nouveaux célibataires dans sa région peut vite tourner à l'obsession. C'est en tout cas ce que révèle une récente enquête menée par l'IFOP sur plus de 2 000 personnes inscrites sur les applications de dating.

Des applications très populaires chez les jeunes

Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'une application, quelle qu'elle soit, soit très populaire auprès des millenials, qui sont par définition plus connectés que leurs aînés. C'est donc tout naturellement que plus d'un tiers des hommes et femmes inscrits sur les sites de rencontre aient moins de 24 ans. Les chiffres sont encore plus impressionnants si on étudie la tranche d'âge des jeunes adultes (de 25 à 34 ans) qui représente près de 60% des célibataires en quête d'amour.

Cependant, tous ne sont pas vraiment à la recherche de leur âme sœur. Et avec l'évolution rapide des mœurs, ces applications répondent à un nouveau besoin nettement moins romantique : trouver un partenaire d'une ou plusieurs nuits le plus rapidement possible. Résultat : les jeunes adultes qui avaient déjà les yeux rivés sur leur smartphone une grande partie du temps le font désormais pour trouver un plan cul affirme rencontresanslendemain.net

Une pratique qui rappelle plus celle du shopping que la quête romantique des films hollywoodiens. On peut désormais entrer des critères très précis pour trouver son ou sa future partenaire. Au-delà de sa localisation, la couleur de ses yeux ou de ses cheveux jusqu'à son tour de poitrine sont au menu.

Bye Bye l'amour, Bonjour les coups d'un soir

Selon npns.fr, un site spécialisé dans les rencontres sans lendemain, les applications ont dû rapidement s'adapter à ce nouveau marché. Et pour faciliter la recherche d'une relation sexuelle d'un soir, plus besoin de remplir de longs tests de compatibilité amoureuse. Sur Tinder, par exemple, vous pouvez créer votre profil en moins de 2 minutes et votre principal critère de recherche sera le physique puisque ce sont des photos de profils qui définissent votre match sur l'application.

Le principe même du swipe transforme la rencontre en un jeu et provoque des comportements addictifs dont plus de 15 % des utilisateurs sont conscients. Mais au delà du fonctionnement technique de ces applications, leur côté addictif s'explique selon les chercheurs américains par l'incapacité croissante chez une grande partie de la population à flirter dans la vie réelle, ou même à reconnaître une personne qui cherche à nous séduire.

Cela s'explique par un grand manque de confiance en soi et une peur de ne pas plaire In Real Life. D'où l'intérêt pour les plateformes de dating sur lesquelles on peut choisir de montrer les meilleurs côtés de notre personnalité, de notre apparence physique, et de notre existence.

Une addiction dangereuse aux applications de rencontre ?

Mais que nous révèle réellement cette addiction aux sites de rencontre, et en particulier ceux permettant de faire des rencontres sans lendemain ? Interrogés sur les chiffres mis en lumière par l'étude de l'IFOP, le chercheur François Kraus les explique par des facteurs généraux comme la généralisation de l'usage d'Internet ou un meilleur accès aux smartphone. Mais il ne faut pas pour autant oublier les facteurs culturels, comme la gêne de plus en plus faible à annoncer à sa famille et à ses proches que nous avons rencontré notre moitié sur ce genre d'application.

Le profil des addicts de la rencontre en ligne est lui aussi révélateur. On le retrouve particulièrement chez les hommes, qui avouent tout simplement plus facilement coucher avec de nombreux ou nombreuses partenaires sexuelles. Cela montre aussi que la norme du romantique est d'un nombre beaucoup plus réduit de partenaires pèse encore lourdement sur les femmes.

Des sites qui ne sont pas réservés aux célibataires

L'enquête de l'IFOP fait également une révélation surprenante sur l'état du couple en 2019. En effet, parmi les centaines de milliers d'utilisateurs des sites de rencontre, on ne trouve pas que des célibataires. Et une large portion des personnes inscrites sont déjà en couple, et se servent de ces plateformes pour faciliter leur adultère.

Cela montre tout simplement que la prégnance des réseaux sociaux et l'impression que l'herbe est toujours plus verte ailleurs crée une certaine anxiété, même chez les personnes en couple. L'anxiété d'être coincé dans une relation médiocre, alors qu'une personne correspondant plus à nos attentes est peut-être là, quelque part sur la toile.

Alors même une fois que l'on s'est casé, on garde son profil actif afin de laisser l'opportunité à une nouvelle personne (un meilleur partenaire sur le plan aussi bien physique que socio-culturel) d'entrer dans notre vie. Le tout dans la plus grande discrétion. Encore une fois, on retrouve un grand écart entre hommes et femmes, puisqu'ils seraient 41 % à continuer d'utiliser les applications de dating, contre seulement 22 % pour ces mesdames.

Que faut-il retenir de cette étude ?

Les applications de dating font aujourd'hui partie intégrante de nos vies. Et le comportement que l'on peut y avoir révèle bien plus de notre état d'esprit général que d'une réelle addiction pour les rencontres amoureuses en ligne. Habitués à pouvoir tout avoir, peu importe notre situation économique ou notre statut amoureux, il nous est de plus en plus difficile de raccrocher les crampons une fois la bague au doigt. Et notre sentiment d'insatisfaction généralisée touche aussi cet aspect de notre vie.

Ajouter les points
5
Points
Laura
Je suis gourmande, susceptible et râleuse (surtout quand on veut goûter mon dessert). Mais à part ça, je ne mords pas, je vous jure !