Après plus de 35 jours de pluie consécutifs, un record inédit depuis 1959, la France fait face à une situation hydrologique exceptionnelle.

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Dans le sillage de la tempête Nils, les épisodes de crues, d’inondations et d’intempéries se multiplient, laissant derrière eux des milliers de sinistrés et des infrastructures fragilisées. Au-delà de l’urgence humaine et matérielle, une question s’impose désormais : quel pourrait être le montant astronomique de la facture pour les assurances ? Les premières estimations évoquent déjà près d’un milliard d’euros de dégâts. Un chiffre susceptible d’évoluer à la hausse si la situation se prolonge.
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Plus de 35 jours de crues : un record historique depuis 1959
La série actuelle d’intempéries marque un tournant. Jamais depuis 1959 la France n’avait connu une succession aussi longue de jours de pluie et de crues. Les sols, saturés d’eau, n’absorbent plus les précipitations. Les rivières débordent plus rapidement, les nappes phréatiques montent dangereusement et les zones habituellement épargnées se retrouvent sous tension.
Ce phénomène climatique d’ampleur nationale concerne particulièrement l’ouest et le sud-ouest du pays, déjà durement frappés par la tempête Nils. Routes coupées, habitations inondées, exploitations agricoles touchées : les dégâts matériels sont multiples et parfois spectaculaires.
Dans ce contexte, les assurances sont en première ligne. Chaque sinistre déclaré représente un coût direct. Mais l’ampleur du phénomène laisse présager un impact bien plus massif qu’une simple accumulation de dossiers.
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Une première estimation à un milliard d’euros
Selon les premières projections, l’ensemble des dégâts liés à la tempête Nils, aux crues et aux inondations pourrait atteindre environ un milliard d’euros. Ce chiffre englobe près de 250 000 sinistres, allant des toitures arrachées aux chutes d’arbres, en passant par les infiltrations d’eau et les dommages structurels.
La Caisse centrale de réassurance (CCR) a d’ores et déjà avancé une estimation de 20 à 30 millions d’euros pour les inondations concentrées dans le sud-ouest. Mais cette somme ne représente qu’une partie du tableau global.
Les assureurs eux-mêmes reconnaissent que l’événement est encore en cours. Autrement dit, la facture finale pourrait être bien plus élevée. Chaque nouvelle averse sur des sols saturés accroît mécaniquement le risque de nouveaux sinistres.
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Une mobilisation exceptionnelle des assureurs
Face à la situation, la profession s’organise. La présidente de France Assureurs, Florence Lustman, a annoncé le lancement d’une mission de reconnaissance commune. Ce dispositif rare vise à accélérer les indemnisations dans les zones les plus difficiles d’accès.
Cette mesure traduit l’ampleur de la crise. Habituellement, les procédures d’expertise peuvent s’étendre sur plusieurs semaines. Ici, l’objectif est d’éviter l’engorgement et de permettre aux sinistrés de recevoir plus rapidement une première indemnisation.
De leur côté, plusieurs groupes mutualistes ont pris des initiatives fortes. La Macif et le groupe Covéa (qui regroupe Maaf, MMA et GMF) ont annoncé l’extension du délai de déclaration des sinistres, passant de 5 à 30 jours. Une décision stratégique pour accompagner les assurés confrontés à des difficultés logistiques ou administratives.
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Des coûts directs… et indirects
Les dégâts immédiats sont visibles : murs fissurés, installations électriques hors service, équipements ménagers détruits, commerces fermés. Mais les assureurs redoutent aussi des conséquences à moyen terme.
L’un des risques majeurs concerne le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA). Ce processus se produit lorsque les sols argileux, gorgés d’eau, gonflent avant de se contracter lors des périodes de sécheresse. Ce mouvement provoque des fissures structurelles sur les bâtiments, parfois plusieurs mois après l’épisode pluvieux.
L’État a récemment actualisé la cartographie des zones exposées au RGA. À partir du 1er juillet, 55 % du territoire hexagonal sera concerné, contre 48 % actuellement. Cela signifie qu’une majorité de communes françaises pourrait être exposée à des sinistres différés liés à ces mouvements de terrain.
Pour les assurances, l’impact pourrait donc s’étaler dans le temps. Les indemnisations liées au RGA représentent déjà plusieurs centaines de millions d’euros chaque année. Si l’épisode actuel accentue le phénomène, la facture globale pourrait dépasser largement le milliard annoncé.
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Un modèle d’assurance sous pression
Ces épisodes climatiques à répétition interrogent le modèle économique de l’assurance habitation en France. Le régime des catastrophes naturelles repose sur un système mutualisé, soutenu par la Caisse centrale de réassurance (CCR) et garanti par l’État.
Cependant, la multiplication des événements extrêmes met sous tension ce mécanisme. Chaque catastrophe naturelle augmente la sinistralité globale et pèse sur les équilibres financiers des compagnies.
Depuis plusieurs années, les primes d’assurance habitation connaissent d’ailleurs une hausse progressive. Les experts du secteur estiment que cette tendance pourrait s’accentuer si les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus coûteux.
Le record actuel de jours de crues en France illustre cette nouvelle réalité climatique. Les assureurs doivent désormais intégrer dans leurs modèles des scénarios plus intenses et plus longs.
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Quel impact pour les assurés ?
Pour les particuliers, l’enjeu est double. À court terme, il s’agit d’être indemnisé rapidement pour réparer son logement ou relancer son activité. À moyen terme, la question des primes d’assurance se pose.
Si la facture globale dépasse le milliard d’euros, les compagnies pourraient ajuster leurs tarifs pour compenser la hausse des indemnisations. Cela pourrait se traduire par une augmentation des cotisations dès les prochains renouvellements de contrats.
En parallèle, la prévention devient un levier essentiel. Renforcement des normes de construction, meilleure gestion des eaux pluviales, aménagements urbains adaptés : autant de pistes pour limiter les dégâts futurs.
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Un épisode climatique encore loin d’être terminé
Les spécialistes insistent : la situation n’est pas stabilisée. La reprise éventuelle des pluies sur des sols saturés pourrait relancer les crues dans certaines zones. Chaque nouvelle dégradation météorologique augmente mécaniquement la facture.
L’événement actuel s’inscrit dans une dynamique plus large d’intensification des phénomènes extrêmes. Inondations, sécheresses, tempêtes : la France, comme d’autres pays européens, doit composer avec une variabilité climatique accrue.
Pour les assurances, l’enjeu dépasse le seul épisode en cours. Il s’agit désormais d’adapter leurs stratégies financières, leurs outils de modélisation et leurs dispositifs d’indemnisation à un contexte devenu structurellement plus risqué.
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Vers une facture supérieure au milliard d’euros ?
Si les estimations actuelles évoquent environ un milliard d’euros de dégâts liés à la tempête Nils et aux crues en France, ce chiffre pourrait encore évoluer. Les sinistres déclarés continuent d’augmenter et certains dommages ne seront visibles que dans les mois à venir.
Entre les réparations immédiates, les fissures différées liées au retrait-gonflement des argiles, et les éventuelles nouvelles précipitations, la facture finale pourrait s’avérer bien plus lourde.
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Ce record de jours de crues constitue ainsi un signal fort pour l’ensemble du secteur assurantiel. Il rappelle que le coût des événements climatiques ne se mesure pas seulement en infrastructures détruites, mais aussi en milliards d’euros mobilisés pour reconstruire.
La question n’est plus seulement de savoir combien coûtera cet épisode, mais comment le système d’assurance français pourra absorber durablement ces chocs répétés.
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