Il suffit parfois d’une phrase pour tout déplacer. Avec la sortie de son premier roman, Peaux à peaux, Mélanie Page aurait pu être interrogée sur son écriture, ses personnages, son rapport à la maternité ou ce passage très particulier d’un métier d’interprète à celui d’autrice. Mais une partie des commentaires reçus depuis la publication du livre a pris une autre direction, beaucoup plus personnelle : son couple avec Nagui.

Dans un entretien publié sur Instagram par Margaux Sieffert, la comédienne a mis des mots sur ce qu’elle a reçu de plein fouet : des remarques laissant entendre qu’elle n’aurait pas été publiée pour son travail, mais parce qu’elle partage la vie d’un animateur très connu. Une accusation de piston difficile à encaisser, parce qu’elle ne juge pas seulement un livre. Elle efface tout le chemin qui mène à ce livre.
La formule “Sans Nagui, elle ne serait rien” résume à elle seule la violence du raccourci. Elle réduit Mélanie Page à son statut d’épouse, comme si son parcours d’actrice, ses années de travail, son envie d’écrire et sa démarche personnelle ne comptaient plus. Or c’est précisément ce que la comédienne conteste : elle affirme avoir écrit seule, cherché une éditrice seule et envoyé son manuscrit seule, comme n’importe quel auteur qui espère convaincre une maison d’édition.
Ce qui rend cette affaire si parlante, c’est qu’elle dépasse largement le cas d’une personnalité. Beaucoup de femmes connaissent ce soupçon diffus : si elles réussissent, c’est qu’elles ont forcément été aidées, portées, recommandées ou favorisées. Et lorsque leur compagnon est plus célèbre qu’elles, ce doute devient parfois automatique. Leur travail est alors regardé comme une faveur, jamais comme un aboutissement.
Pour Mélanie Page, le sujet est d’autant plus sensible que Peaux à peaux n’est pas un projet froid ou opportuniste. Le roman explore l’amour, les liens familiaux, les corps, les transmissions et les multiples visages de la maternité. L’actrice y glisse une part de son regard de femme, de mère et de belle-mère, sans pour autant en faire une autobiographie.
La critique littéraire fait partie du jeu. Un livre peut diviser, décevoir, toucher ou laisser indifférent. Mais les attaques qui visent la légitimité même d’une autrice sont d’une autre nature. Elles ne disent plus “je n’ai pas aimé”, elles disent “tu n’avais pas le droit d’être là”. C’est cette nuance qui semble avoir poussé Mélanie Page à sortir du silence.
En prenant la parole, elle ne demande pas une indulgence particulière. Elle rappelle simplement une chose essentielle : être mariée à Nagui ne devrait pas annuler son identité artistique. Son couple fait partie de sa vie, mais il ne devrait pas devenir l’unique grille de lecture de tout ce qu’elle entreprend.
Derrière cette mise au point, il y a donc plus qu’une réponse à quelques commentaires. Il y a la volonté de reprendre la main sur son propre récit. Et de rappeler qu’avant d’être “la femme de”, Mélanie Page est aussi une comédienne, une autrice et une femme qui a voulu raconter une histoire à sa façon.
Découvrez maintenant « Je gagne très bien ma vie » : face aux accusations sur son salaire, Nagui met les choses au clair et Nagui dévoile enfin d’où vient son salaire, et ce n’est pas ce que tout le monde croit
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