La formule a le mérite d’être claire, mais elle risque de ne pas passer inaperçue auprès des Français qui regardent le prix de l’essence grimper. Dimanche, Roland Lescure a rappelé que le gouvernement n’était « pas là pour faire des aides généralisées », parce que le « quoi qu’il en coûte, c’est terminé ». Une phrase forte, prononcée alors que le SP95-E10 et le SP98 atteignent en France leur plus haut niveau depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Dans les faits, cette déclaration fixe déjà le cadre des annonces attendues jeudi 21 mai. Sébastien Lecornu doit présenter un nouveau dispositif d’aides carburant pour le mois de juin, mais il ne faut visiblement pas s’attendre à un geste massif pour tous les automobilistes. Le gouvernement veut privilégier des aides ciblées, réservées aux Français qui travaillent et aux secteurs économiques les plus touchés par la hausse des prix du pétrole et des produits dérivés.
Cette stratégie peut se défendre sur le papier, surtout dans un contexte de finances publiques très contraintes. Mais elle risque d’être difficile à entendre pour tous ceux qui subissent déjà la flambée du carburant sans forcément entrer dans les cases des dispositifs annoncés. Quand le plein devient une charge de plus en plus lourde, la différence entre une aide générale et une aide ciblée n’est pas seulement technique : elle devient très concrète dans le budget du mois.
Roland Lescure a expliqué vouloir focaliser les aides sur ceux qui en ont le plus besoin et les moduler selon l’intensité de la crise. Cette logique devrait concerner en priorité certains professionnels particulièrement exposés, comme le secteur du BTP ou les chauffeurs de taxi. Le ministre de l’Économie a notamment évoqué un prêt flash carburant pour le BTP, ainsi que des aides spécifiques pour les taxis, deux catégories dont l’activité dépend directement des déplacements.
Mais la phrase sur la fin du « quoi qu’il en coûte » arrive dans un moment délicat. Le prix de l’essence s’envole, les négociations entre l’Iran et les États-Unis sont au point mort, et l’impact de la guerre au Moyen-Orient se fait déjà sentir sur l’économie française. Le gouvernement affirme par ailleurs que l’État n’engrange plus de surplus fiscaux liés à cette flambée, en raison d’une chute de 30 % de la consommation début mai.
Ce détail est important, car il coupe court à l’idée selon laquelle l’État pourrait financer facilement un grand geste carburant grâce aux recettes supplémentaires générées par la hausse des prix. Selon la ligne défendue par l’exécutif, la situation est désormais différente : moins de consommation, moins de marge budgétaire, et donc moins de place pour une réponse générale. Sébastien Lecornu devra probablement clarifier ce point jeudi, au moment de dévoiler le dispositif prévu pour juin.
La crise est d’autant plus sensible que le gouvernement doit aussi présenter prochainement le détail des 6 milliards d’euros d’économies annoncées en avril. Autrement dit, les nouvelles aides carburant arriveront dans un climat où l’exécutif promet à la fois de soutenir les plus touchés et de tenir les comptes. Un équilibre fragile, qui pourrait rapidement devenir explosif si les prix à la pompe continuent de grimper.
Pour les Français, la question n’est donc pas seulement de savoir ce que Sébastien Lecornu annoncera jeudi. Elle est aussi de savoir jusqu’où le gouvernement est prêt à aller pour éviter que la crise du carburant ne devienne une crise sociale plus profonde. Car derrière chaque centime ajouté au litre, il y a des trajets domicile-travail, des tournées professionnelles, des familles qui arbitrent, et une impatience qui monte.
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