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« Alias Benito » : la phrase de Nathalie Saint-Cricq sur Éric Ciotti qui lui vaut une suspension immédiate

16 mars 2026 - 22 : 26
par Clémence Après avoir lancé « Alias Benito » en parlant d’Éric Ciotti sur franceinfo, Nathalie Saint-Cricq est suspendue une semaine par France Télévisions, une sanction rare pour l’éditorialiste.

La soirée électorale des municipales 2026 devait être un rendez-vous politique classique sur franceinfo, avec analyses, résultats et commentaires. Pourtant, un moment inattendu va bouleverser le déroulement de l’émission et placer Nathalie Saint-Cricq au cœur d’une polémique nationale.

Alias Benito : la phrase de Nathalie Saint-Cricq sur Éric Ciotti qui lui vaut une suspension immédiate

L’éditorialiste politique, figure emblématique de France Télévisions, pense alors que son micro est coupé lorsqu’elle évoque Éric Ciotti, ancien dirigeant des Républicains désormais soutenu par le Rassemblement national, largement en tête à Nice. C’est à ce moment précis qu’elle prononce une phrase qui va provoquer un séisme médiatique : « Alias Benito ».

La référence est immédiatement comprise par les téléspectateurs. L’expression renvoie à Benito Mussolini, dictateur fasciste italien, et la remarque suscite très vite des réactions sur les réseaux sociaux. La séquence circule rapidement, alimentant un débat sur la neutralité des journalistes du service public. Quelques minutes après l’incident, franceinfo publie un message sur X pour présenter ses excuses à Éric Ciotti, évoquant un « propos inapproprié et déplacé prononcé sur notre antenne ».

Face à la polémique, Nathalie Saint-Cricq prend elle-même la parole à l’antenne. Les yeux rivés sur un texte qu’elle a rédigé, elle reconnaît avoir tenu des propos « inappropriés et déplacés » et évoque un « manque de discernement ». Cette prise de parole vise à calmer la situation, mais l’affaire est déjà largement commentée dans les milieux politiques et médiatiques.

En coulisses, la direction de France Télévisions réagit rapidement. Selon plusieurs informations internes, la présidente du groupe, Delphine Ernotte, s’est montrée particulièrement irritée par la séquence. Dans un contexte électoral sensible, l’incident risque d’alimenter les accusations de partialité visant le service public. La décision tombe alors dans la foulée : Philippe Corbé, récemment nommé à la tête de l’information du groupe, choisit de suspendre l’éditorialiste pendant une semaine.

Concrètement, Nathalie Saint-Cricq est retirée de l’antenne jusqu’au dimanche suivant. Cette sanction signifie qu’elle ne participera pas à la couverture du second tour des municipales, un rendez-vous pourtant majeur pour une journaliste politique de son expérience. Pour beaucoup d’observateurs, la décision marque la volonté de France Télévisions de rappeler les règles strictes qui encadrent les prises de parole de ses journalistes.

La polémique ne s’arrête cependant pas là. Au cours de la même soirée électorale, une autre remarque de Nathalie Saint-Cricq est captée par les micros du plateau. En attendant l’intervention de Manuel Bompard, dirigeant de La France insoumise, la journaliste commente l’arrivée d’une cadre du parti, Imane Hamel, en lançant : « C’est qui la petite ? » Là encore, elle pense être hors antenne, mais la phrase est entendue par les téléspectateurs.

Cette seconde séquence déclenche la colère de certains responsables de La France insoumise, qui dénoncent un manque de respect envers l’une de leurs représentantes. L’incident met aussi en lumière un problème technique : la gestion des micros sur le plateau de franceinfo, qui a laissé passer plusieurs conversations censées rester hors antenne.

Pour Nathalie Saint-Cricq, cette suspension marque un moment inédit dans une carrière longue de plus de vingt ans au sein du service public. À 64 ans, elle est l’une des figures les plus connues du journalisme politique à la télévision. Elle a notamment participé à de nombreuses soirées électorales et a marqué les esprits lors du débat d’entre-deux-tours de la présidentielle 2017.

Autre détail qui a attiré l’attention : pour la première fois depuis deux décennies, la journaliste n’était pas présente sur le plateau principal de France 2 lors de cette soirée électorale. Elle avait été invitée à intervenir sur franceinfo, laissant la place sur France 2 à son fils, le journaliste Benjamin Duhamel. Ce choix éditorial avait déjà suscité des commentaires avant même que la polémique n’éclate.

Aujourd’hui, la sanction de France Télévisions rappelle combien la question de la neutralité journalistique reste centrale dans le débat public. Dans un climat politique particulièrement tendu, chaque mot prononcé à l’antenne peut prendre une dimension nationale. Pour Nathalie Saint-Cricq, cette phrase lancée pensant être hors micro restera sans doute comme l’un des moments les plus délicats de sa carrière.

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Clémence
Je fais partie de la rédac' SBG, et j'aime écrire, sortir, m'amuser, manger (très important, ça aussi !) et partager. Je vous propose donc régulièrement de découvrir mes derniers coups de <3.