L’idée d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans marque un tournant majeur dans la relation entre les familles françaises et le numérique.

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Si la mesure est adoptée, TikTok, Snapchat ou Instagram deviendront tout simplement inaccessibles aux adolescents concernés, bouleversant des habitudes profondément ancrées dans le quotidien.
Pour beaucoup de parents, cette annonce résonne comme un soulagement. Depuis plusieurs années, les inquiétudes liées au temps d’écran, au sommeil dégradé et à l’exposition à des contenus violents ou anxiogènes ne cessent de grandir.
La proposition portée par le gouvernement, avec le soutien affirmé d’Emmanuel Macron, s’appuie sur les alertes récentes de l’Anses. L’agence a mis en évidence des risques sérieux pour la santé mentale des adolescents : cyberharcèlement, comparaison permanente avec des modèles irréalistes, perte d’estime de soi et perturbation du sommeil liée aux mécanismes de captation de l’attention. Autant de constats que de nombreux parents observent déjà au quotidien, parfois sans parvenir à reprendre le contrôle.
Concrètement, cette interdiction vise à déplacer la responsabilité. Jusqu’ici, le contrôle reposait principalement sur les familles, sommées de fixer des règles difficiles à faire respecter face à des plateformes conçues pour retenir l’attention. En instaurant une interdiction légale claire, l’État envoie un signal fort : l’accès aux réseaux sociaux n’est pas anodin et doit être encadré comme d’autres pratiques à risque. Pour certains parents, cela pourrait enfin mettre fin aux conflits incessants autour du téléphone, du temps passé en ligne ou des applications « que tout le monde a ».
Mais cette mesure soulève aussi des interrogations très concrètes. Comment expliquer à un adolescent qu’il ne pourra plus échanger sur les mêmes plateformes que ses amis ? Comment éviter un sentiment de mise à l’écart sociale ? C’est précisément pour répondre à ces inquiétudes que le texte prévoit des exceptions, notamment pour les encyclopédies en ligne ou les répertoires éducatifs. L’objectif affiché est de préserver l’accès à l’information et aux usages scolaires, sans exposer les jeunes aux dérives des réseaux sociaux traditionnels.
Autre point clé : la possibilité d’autorisation parentale pour certaines plateformes, selon la liste qui sera fixée par décret après avis de l’Arcom. Cette approche vise à adapter la règle à la réalité des usages, tout en laissant une marge de manœuvre aux familles les plus vigilantes. Pour beaucoup, cette réforme pourrait marquer le début d’un rapport plus apaisé au numérique, où les écrans ne dictent plus le rythme de la vie familiale.
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