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André Santini est mort : le maire d’Issy-les-Moulineaux laisse derrière lui une ville transformée

01 juin 2026 - 14 : 53
par Clémence André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, est mort à 85 ans. Retour sur son parcours, son bilan, sa vie privée et son héritage politique.

La disparition d’André Santini, mort dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin 2026 à l’âge de 85 ans, marque la fin d’une ère politique rare. Depuis 1980, le maire d’Issy-les-Moulineaux incarnait presque à lui seul cette commune des Hauts-de-Seine, qu’il avait accompagnée dans une transformation spectaculaire, entre urbanisme ambitieux, attractivité économique et installation de grands groupes.

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Figure du centre droit, ancien député, ancien membre du gouvernement et élu local au style immédiatement reconnaissable, André Santini laisse une empreinte complexe. Pour ses soutiens, il restera le maire bâtisseur, celui qui a fait passer Issy-les-Moulineaux d’une ancienne ville industrielle à une commune attractive, connectée, dense et recherchée. Pour ses critiques, il symbolisait aussi une manière très personnelle d’exercer le pouvoir, avec une longévité qui interrogeait autant qu’elle impressionnait.

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Un maire indissociable d’Issy-les-Moulineaux

Parler d’André Santini, c’est d’abord parler d’Issy-les-Moulineaux. Pendant quarante-six ans, il a occupé la mairie avec une constance exceptionnelle, traversant les alternances nationales, les recompositions partisanes et les transformations profondes de la région parisienne.

Sous ses mandats, la commune a changé d’image. Les anciennes friches industrielles des bords de Seine ont laissé place à des quartiers rénovés, à des sièges d’entreprises, à des bureaux modernes et à une identité plus tournée vers la technologie, les médias et les services. Microsoft, Orange, Capgemini ou encore Warner Bros ont été associés à cette nouvelle attractivité.

Cette transformation lui a valu d’être régulièrement présenté comme un maire bâtisseur et visionnaire. Cette formule, souvent reprise, résume l’un des aspects les plus visibles de son bilan : faire d’une ville populaire et industrielle une commune stratégique de l’ouest parisien.

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Une carrière nationale au-delà de la mairie

Si André Santini restera d’abord associé à sa ville, son parcours ne se limite pas à la politique locale. Né le 20 octobre 1940 à Paris, dans une famille d’origine corse, il grandit à Courbevoie avant de suivre des études de droit, de sciences politiques et de japonais. Son entrée en politique se fait progressivement, d’abord comme élu local, puis comme figure centriste reconnue.

Il devient député des Hauts-de-Seine et siège pendant plus de vingt ans à l’Assemblée nationale. Sa carrière gouvernementale le conduit aussi à exercer des responsabilités sous Jacques Chirac puis sous François Fillon. Cette trajectoire lui donne une place à part dans la vie politique française : celle d’un élu local très enraciné, mais aussi parfaitement introduit dans les cercles nationaux.

Sa personnalité contribue largement à sa notoriété. Son goût des bons mots, son humour parfois mordant, ses colères publiques et son image de fumeur de cigare ont nourri une réputation d’homme politique à l’ancienne, volontiers provocateur, souvent théâtral et rarement indifférent.

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Une dernière réélection malgré une santé fragile

La fin de vie politique d’André Santini a été marquée par une santé de plus en plus fragile. Hospitalisé depuis plusieurs mois après une chute et des problèmes cardiaques, il avait pourtant choisi de se représenter et avait été réélu maire en mars 2026.

Sa dernière apparition publique remontait au 28 mai 2026, lors du conseil municipal d’installation. Quelques jours plus tard, sa mort venait donner à cette séquence une portée particulière, comme le dernier acte d’une longue histoire entre un élu et sa ville.

Cette ultime réélection pose aussi une question plus large : jusqu’où peut aller l’attachement d’un responsable politique à son mandat ? Dans le cas d’André Santini, la mairie semblait être bien plus qu’une fonction. Elle était le centre de sa vie publique, le lieu de son influence et l’espace dans lequel il avait construit son image.

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Une vie privée cultivée dans la discrétion

Au-delà de la politique, André Santini entretenait une relation singulière avec sa vie privée. Célibataire revendiqué, il avait accepté de faire quelques confidences dans son livre Maire célibataire, tout en refusant de se laisser enfermer dans les commentaires sur son intimité.

À ceux qui s’interrogeaient sur sa vie sentimentale, il répondait notamment qu’il n’avait « rien à défendre » et qu’il laissait chacun à ses interprétations tant que cela ne tournait pas à la diffamation ou à l’injure. Il avait aussi confié préférer la solitude, son cigare quotidien et un verre de rhum au calme d’un foyer trop exposé.

Sa formule « Ma femme, c’est Marianne » résume cette manière de se présenter comme un élu totalement absorbé par sa fonction. Derrière le trait d’esprit, on retrouve une idée centrale de son personnage : l’homme public prenait toute la place, au point de devenir presque indissociable de son mandat.

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Un héritage politique contrasté

L’héritage d’André Santini ne se résume ni à une ville transformée ni à une longévité record. Sa fin de parcours a aussi été marquée par des accusations et des procédures judiciaires, qu’il contestait. Sur ce terrain sensible, la prudence s’impose : la présomption d’innocence doit être rappelée, tout comme la réalité d’un dossier qui a pesé sur son image publique.

Cette dimension rend son bilan plus complexe. Elle n’efface pas l’empreinte urbaine laissée à Issy-les-Moulineaux, mais elle oblige à regarder son parcours dans toute sa nuance. André Santini était à la fois un élu puissant, un personnage politique singulier, un bâtisseur reconnu et une figure contestée.

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Sa mort ouvre maintenant une nouvelle page pour Issy-les-Moulineaux. Après près d’un demi-siècle d’un pouvoir municipal très personnalisé, la ville va devoir écrire son avenir sans celui qui l’a incarnée pendant plusieurs générations d’habitants.

Avec la disparition d’André Santini, c’est donc une figure politique impossible à résumer en une seule formule qui s’éteint. Maire bâtisseur, élu centriste, ancien ministre, célibataire revendiqué, homme de bons mots et de pouvoir, il aura marqué durablement Issy-les-Moulineaux et une certaine époque de la vie politique française.

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Clémence
Je fais partie de la rédac' SBG, et j'aime écrire, sortir, m'amuser, manger (très important, ça aussi !) et partager. Je vous propose donc régulièrement de découvrir mes derniers coups de <3.