Le procès de Sophia Chikirou ne tombe pas dans un vide politique. La députée LFI, jugée ce mardi 12 mai 2026 pour escroquerie dans l’affaire du Média, a aussi été candidate à la mairie de Paris. Elle a échoué lors des dernières municipales de la capitale, avec 7,96 % au second tour, dans une campagne déjà très observée.

C’est précisément ce contexte qui rend l’affaire si sensible. Lorsque l’annonce de l’audience avait été faite pendant sa campagne, Sophia Chikirou avait vivement réagi. Elle avait dénoncé un procès décidé par le ministère public et une affaire, selon elle, éminemment politique, destinée à salir et gêner sa candidature.
Cette lecture est évidemment contestée par la logique judiciaire du dossier, qui porte sur des faits anciens et précis. L’accusation reproche à la députée d’avoir tenté, à l’été 2018, de faire virer plus de 67 000 euros depuis Le Média vers Mediascop, sa société de conseil en communication. Elle aurait, selon les éléments poursuivis, agi en se présentant comme présidente d’une structure qu’elle ne dirigeait plus.
Le virement n’a pas abouti, mais l’accusation estime qu’il y a eu un commencement d’exécution. Le dossier porte aussi sur deux formules de chèque dont la soustraction frauduleuse est reprochée à l’élue. Sophia Chikirou rejette ces accusations et affirme qu’il n’y a eu ni vol de chèque, ni tentative d’escroquerie à la banque.
Le contraste est fort : d’un côté, une élue engagée dans une bataille municipale parisienne ; de l’autre, une audience correctionnelle dans une affaire remontant à huit ans. Cette superposition nourrit forcément les commentaires politiques. Pour ses soutiens, le calendrier a renforcé l’idée d’une procédure utilisée contre elle. Pour ses adversaires, le procès reste avant tout une affaire judiciaire qui doit être examinée indépendamment de la campagne.
Ce mardi, le tribunal devra s’éloigner de ces lectures politiques pour revenir aux éléments du dossier. Mais dans l’opinion, il sera difficile de séparer totalement la candidate battue à Paris, la députée de l’est parisien et la figure de La France insoumise. C’est ce mélange entre justice, campagne et image publique qui rend l’affaire Sophia Chikirou si suivie.
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