Le procès de Sophia Chikirou est d’abord une affaire judiciaire. Mais il est impossible d’ignorer sa dimension politique. La députée de Paris est une figure de La France insoumise, connue pour avoir travaillé à la communication de Jean-Luc Mélenchon lors de ses campagnes présidentielles de 2012 et 2017. Son passage devant le tribunal correctionnel de Paris attire donc une attention qui dépasse largement les seuls faits examinés.

Ce mardi 12 mai 2026, Sophia Chikirou comparaît pour escroquerie dans une affaire liée au Média. L’accusation lui reproche d’avoir tenté de faire virer plus de 67 000 euros vers Mediascop, sa société de conseil en communication, alors qu’elle n’aurait plus eu la qualité nécessaire pour agir au nom de la structure concernée. Le virement n’a pas abouti, mais le parquet estime que les démarches engagées pourraient caractériser une tentative.
Pour LFI, la situation est délicate parce que la députée reste associée à l’histoire du mouvement. Son nom renvoie à la stratégie de communication de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi à l’univers médiatique et militant dans lequel Le Média avait été lancé. Même si la présomption d’innocence s’applique pleinement, un procès pour escroquerie visant une élue nationale alimente mécaniquement les critiques politiques.
La défense de Sophia Chikirou est ferme. Elle affirme qu’il n’y a eu ni vol, ni tentative d’escroquerie, et présente l’affaire comme un différend commercial ancien entre deux sociétés. Elle insiste aussi sur l’absence de victime et de préjudice. Cette ligne vise à réduire la portée pénale du dossier et à contester l’image d’une affaire frauduleuse.
Mais dans le débat public, la nuance est souvent difficile à imposer. Les adversaires de La France insoumise peuvent se saisir du procès pour attaquer le mouvement. Les soutiens de la députée peuvent, eux, dénoncer une affaire instrumentalisée contre une responsable politique combative. Entre ces deux lectures, l’audience devra revenir au détail des faits.
Le procès de Sophia Chikirou illustre ainsi la fragilité particulière des responsables politiques face aux affaires judiciaires. Même avant toute décision, l’image est déjà touchée, les réactions s’accumulent et le mouvement auquel ils appartiennent se retrouve entraîné dans le débat. Pour LFI, l’enjeu est donc double : respecter la présomption d’innocence tout en évitant que cette affaire ne devienne un symbole politique durable.
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