Ces derniers jours, l’audiovisuel public s’est retrouvé au cœur d’un débat aussi sensible que stratégique. Devant la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner le fonctionnement et le financement de France Télévisions, plusieurs figures emblématiques du groupe ont été auditionnées.

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Parmi elles : Élise Lucet, Léa Salamé et Laurent Delahousse. Si leurs parcours et leurs responsabilités ont été largement évoqués, un sujet a particulièrement retenu l’attention des députés : leur salaire. Pourtant, malgré l’insistance de certains élus, aucun des journalistes n’a dévoilé de montant précis. Pourquoi ce flou ? Est-ce une stratégie, un tabou culturel ou une réalité juridique ? Décryptage.
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Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : un contexte politique sensible
La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a pour objectif d’examiner la gestion, les missions et les dépenses de France Télévisions, dans un contexte de transformation du financement du service public.
Le 2 février, Léa Salamé et Laurent Delahousse ont été auditionnés. Le 10 février, c’était au tour d’Élise Lucet, rédactrice en chef de Cash Investigation et d’Envoyé spécial, d’être interrogée à l’Assemblée nationale.
Dans un climat où les finances publiques sont scrutées avec attention, la question des rémunérations des grandes figures médiatiques est devenue un sujet politique. Les députés voulaient obtenir des réponses précises. Mais les journalistes sont restés prudents.
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Léa Salamé : une rémunération « confortable » mais non chiffrée
Depuis septembre dernier, Léa Salamé présente le journal de 20h sur France 2. Face aux députés, elle a déclaré avoir « accepté la rémunération qui [lui] a été proposée sans discussions aucune » et qualifié celle-ci de « confortable ».
Cependant, aucun chiffre n’a été avancé. Cette réponse, jugée évasive par certains observateurs, illustre une volonté claire : ne pas entrer dans le détail financier.
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Laurent Delahousse : référence à la grille salariale
De son côté, Laurent Delahousse, figure historique de France Télévisions, a insisté sur la nature contractuelle de son engagement. Il a précisé disposer d’un contrat de travail à temps partiel et percevoir une rémunération englobant plusieurs responsabilités : rédaction en chef, présentation du journal, ainsi que les émissions « 13h15 » et « 20h30 ».
Il a souligné que son salaire correspondait à la grille salariale et était équivalent à celui de personnes exerçant les mêmes fonctions. Là encore, aucun montant n’a été communiqué.
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Élise Lucet : « vraiment bien payée » sans plus de détails
Le cas d’Élise Lucet a particulièrement marqué les esprits. Forte de 42 ans de carrière, dont 40 passés au sein de France Télévisions, la journaliste a affirmé percevoir une rémunération en adéquation avec son expérience, ses responsabilités et son exposition à l’antenne.
Elle a déclaré être « vraiment bien payée », mais s’est arrêtée là. Une formule qui assume un certain niveau de revenu, tout en évitant la divulgation précise du chiffre.
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Le salaire, une composante de la vie privée protégée par le droit
Contrairement à ce que certains pourraient penser, une commission d’enquête ne peut contraindre un témoin à répondre à toutes les questions. Si elle dispose d’un droit de citation directe, elle ne peut pas forcer une personne à divulguer des informations relevant de sa vie privée.
En France, le salaire est juridiquement protégé. Le principe du secret de la vie privée empêche un employeur de rendre public le montant exact de la rémunération d’un salarié.
De son côté, le salarié est tenu à un devoir de réserve et de discrétion envers son entreprise. Certains contrats incluent même une clause spécifique de confidentialité interdisant toute divulgation. Ainsi, en refusant de communiquer un chiffre précis, Élise Lucet, Léa Salamé et Laurent Delahousse n’ont enfreint aucune règle.
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Un tabou culturel français autour de l’argent
Au-delà du cadre légal, la question du salaire touche à un tabou profondément ancré dans la culture française. Parler d’argent demeure souvent perçu comme indiscret, voire déplacé.
Contrairement à certains pays anglo-saxons où la transparence salariale est plus courante, la France entretient une relation plus pudique avec la rémunération individuelle. Les journalistes auditionnés ont d’ailleurs adopté un ton mesuré, évoquant leur expérience et leur responsabilité plutôt que des montants.
Ce positionnement peut aussi s’expliquer par une volonté de ne pas alimenter de polémique. Dans un contexte où le financement de l’audiovisuel public fait débat, annoncer des chiffres élevés pourrait susciter des réactions négatives.
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Une rémunération déjà contrôlée par l’État
Les journalistes ont rappelé que leurs rémunérations faisaient l’objet d’une vérification par un contrôleur d’État dépendant du ministère de l’Économie. France Télévisions, en tant qu’entreprise publique, est soumise à un cadre strict. Les salaires des dirigeants sont encadrés et contrôlés. Cette supervision étatique constitue un argument avancé pour justifier l’absence de transparence individuelle : le contrôle existe déjà, même s’il n’est pas rendu public dans le détail.
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Vers plus de transparence avec la directive européenne de 2026
Un élément pourrait toutefois changer la donne. En juin 2026, la France devra transposer une directive européenne adoptée en 2023 sur la transparence des salaires.
Ce texte prévoit que les entreprises devront rendre accessible le salaire moyen des employés occupant le même poste. L’objectif est de lutter contre les inégalités salariales, notamment entre les femmes et les hommes.
Cette évolution ne signifiera pas nécessairement la publication des rémunérations individuelles de figures comme Élise Lucet, Léa Salamé ou Laurent Delahousse, mais elle pourrait offrir une meilleure visibilité sur les grilles salariales.
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Une stratégie de communication maîtrisée
Il serait réducteur d’analyser ces réponses uniquement sous l’angle juridique. La communication joue également un rôle clé.
En se montrant respectueux du cadre légal, tout en assumant être « bien payés », les journalistes ont adopté une ligne médiane. Ils ont reconnu la légitimité de la question, sans pour autant entrer dans une logique de justification chiffrée. Cette stratégie permet d’éviter un débat centré sur les montants et de recentrer l’attention sur leurs missions journalistiques.
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Une question qui dépasse les journalistes
Finalement, la polémique autour des salaires de France Télévisions révèle un débat plus large sur la place du service public dans le paysage médiatique français.
À l’heure où les plateformes privées redéfinissent les standards et où la concurrence est accrue, la question de la rémunération des figures emblématiques interroge : faut-il payer les talents au prix du marché pour garantir la qualité et l’audience du service public ? La commission d’enquête sur l’audiovisuel public aura au moins eu le mérite de mettre en lumière ces enjeux.
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En restant flous sur leur salaire, Élise Lucet, Léa Salamé et Laurent Delahousse n’ont pas esquivé leurs responsabilités : ils ont simplement respecté un cadre légal et culturel qui protège la vie privée.
Si la transparence salariale progresse en Europe, la divulgation des rémunérations individuelles des journalistes vedettes demeure, pour l’instant, un sujet sensible. Une chose est sûre : le débat sur l’audiovisuel public et son financement est loin d’être clos.
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