Si l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans est présentée comme une mesure de protection, elle provoque de vives tensions sur les bancs de l’Assemblée nationale.

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Le texte, soutenu par le gouvernement et par Emmanuel Macron, révèle des clivages profonds sur la manière d’encadrer le numérique et le rôle de l’État dans la vie privée des citoyens.
Du côté de la majorité et de plusieurs groupes de droite, la mesure est perçue comme une réponse pragmatique à un problème devenu incontrôlable. Renaissance, le Rassemblement national, Horizons et Les Républicains soutiennent globalement l’interdiction, estimant que les plateformes ont échoué à protéger les plus jeunes. Pour ces élus, il ne s’agit pas de restreindre les libertés, mais de fixer des limites claires face à des acteurs privés dont les intérêts économiques priment sur la santé mentale des adolescents.
À l’inverse, La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de rejet. Le député Arnaud Saint-Martin a dénoncé ce qu’il qualifie de « paternalisme numérique », estimant que l’interdiction générale est une réponse simpliste à un problème complexe. Selon lui, plutôt que d’interdire, il faudrait investir massivement dans l’éducation au numérique et donner aux jeunes les outils pour comprendre et maîtriser leurs usages.
Les écologistes affichent également des réserves. Steevy Gustave a souligné que son groupe n’était pas unanime, pointant le risque d’une mesure difficile à appliquer et potentiellement contournée. La question de l’efficacité réelle de l’interdiction revient souvent dans les débats, notamment face à la capacité des adolescents à utiliser des VPN ou des comptes détournés.
Chez les socialistes, la position reste en suspens. Arthur Delaporte a conditionné le soutien de son groupe à la garantie que les jeunes puissent accéder à des réseaux dotés de fonctionnalités réellement protectrices et adaptées à leur âge. Cette prudence illustre le malaise d’une partie de la gauche, partagée entre la nécessité de protéger les adolescents et la crainte d’un contrôle excessif.
Même au sein de l’exécutif, la discussion n’a pas été simple. La réécriture du texte, jugée trop complexe par l’Élysée dans sa première version, témoigne des difficultés à concilier droit européen, efficacité concrète et acceptabilité politique. En toile de fond, c’est une question plus large qui se pose : jusqu’où l’État peut-il aller pour encadrer les usages numériques sans empiéter sur les libertés individuelles ?
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