La phrase n’a rien d’anodin, surtout lorsqu’elle concerne une décision aussi lourde que la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. En reconnaissant en privé que cette initiative « n’était pas la meilleure idée », Emmanuel Macron a provoqué un malaise perceptible chez de nombreux élus, y compris dans les rangs proches de l’exécutif.

Cette dissolution, annoncée au soir des élections européennes, avait été présentée comme un acte fort destiné à redonner la parole aux Français après la défaite du camp présidentiel. Mais très vite, les conséquences se sont révélées difficiles à maîtriser. Les élections législatives anticipées ont conduit à une Assemblée éclatée, sans majorité claire, rendant toute action gouvernementale plus complexe.
Depuis, la vie politique française est rythmée par une instabilité presque permanente. Les gouvernements se sont succédé à un rythme inédit, les compromis sont devenus indispensables et les marges de manœuvre de l’exécutif se sont réduites. Pour de nombreux élus, cette situation est directement liée à la dissolution décidée dans l’urgence.
La phrase prononcée par Emmanuel Macron agit donc comme un révélateur. Elle laisse entendre que le président mesure aujourd’hui les effets négatifs de cette décision sur le fonctionnement des institutions. Pour certains parlementaires, cette reconnaissance tardive suscite de l’inquiétude : si le chef de l’État doute désormais de son choix, que cela signifie-t-il pour la suite du mandat ?
Dans les discussions internes, cette confidence est perçue comme un aveu de fragilité politique. Elle montre que la dissolution n’a pas permis de reprendre le contrôle du jeu parlementaire, mais qu’elle a au contraire accentué les fractures existantes. Une situation qui complique le travail législatif et alimente le sentiment d’une gouvernance sous tension permanente.
Pour les élus, cette phrase n’est pas seulement symbolique. Elle pose une question fondamentale sur la capacité du pouvoir exécutif à tirer les leçons de cette séquence et à restaurer une forme de stabilité institutionnelle. Une interrogation qui reste, pour l’instant, sans réponse claire.
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