Il n’a visiblement épargné personne. Lors de son passage remarqué sur BFMTV, Dominique de Villepin a décoché des flèches aussi bien à l’encontre de Jordan Bardella que d’Emmanuel Macron. Une intervention rare, mais redoutablement efficace, qui a immédiatement fait réagir en coulisses, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir.

En évoquant les scores élevés attribués au Rassemblement national dans certains sondages, Dominique de Villepin a d’abord pris soin de relativiser. Selon lui, ces chiffres traduisent moins une adhésion massive qu’un profond malaise démocratique. Les Français, explique-t-il, seraient fatigués, désorientés, en quête d’un cap lisible. Et lorsque les repères disparaissent, les votes se déplacent vers ceux qui incarnent une rupture, même floue.
Mais l’ancien Premier ministre ne s’est pas contenté de pointer du doigt l’inexpérience supposée de Jordan Bardella. Il a également remis en cause un argument souvent utilisé contre le Rassemblement national : celui de l’expérience gouvernementale. Car pour Dominique de Villepin, l’expérience n’est une valeur que si elle s’accompagne d’une capacité à apprendre.
C’est là que son jugement sur Emmanuel Macron devient particulièrement sévère. Selon lui, le président de la République incarne une forme d’expérience stérile, incapable de se remettre en question. Malgré les crises sociales, économiques et politiques traversées depuis près de dix ans, le chef de l’État n’aurait jamais réellement infléchi sa méthode ni corrigé ses erreurs.
Une accusation lourde de sens, qui dépasse largement le simple cadre partisan. Dominique de Villepin ne parle pas en opposant classique, mais en ancien chef du gouvernement qui observe, avec distance, les mécanismes du pouvoir. Pour lui, le vrai danger n’est pas seulement l’inexpérience, mais l’absence de remise en question.
Ce double tacle a pris de court de nombreux observateurs. En quelques phrases, Dominique de Villepin a réussi à renvoyer dos à dos deux figures que tout oppose en apparence. D’un côté, un jeune leader politique propulsé par les sondages mais sans vécu exécutif. De l’autre, un président aguerri, mais accusé de s’enfermer dans ses certitudes.
À l’approche de la présidentielle, cette prise de parole pourrait bien laisser des traces. Elle pose une question simple, mais redoutable : faut-il choisir un dirigeant inexpérimenté ou un dirigeant qui n’apprend plus ? Une interrogation qui, visiblement, commence à hanter bien au-delà des plateaux de télévision.
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