Le témoignage de David Pujadas sur son éviction de France 2 marque un tournant dans la compréhension d’un épisode clé de l’histoire récente de l’audiovisuel public.

Auditionné ce mardi 31 mars par une commission d’enquête sur l’audiovisuel public, l’ancien présentateur du 20 Heures de France 2 est revenu sans détour sur son départ, survenu en juin 2017 après seize années à la tête du journal télévisé.
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Un témoignage inédit de David Pujadas sur son éviction de France 2
Une prise de parole attendue, tant cette décision avait suscité incompréhension et interrogations à l’époque. Figure emblématique du paysage audiovisuel français, David Pujadas incarnait pour beaucoup la stabilité et la continuité de l’information du service public. Pourtant, son éviction brutale, décidée par la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a marqué une rupture nette.
Face aux parlementaires, le journaliste n’a pas cherché à masquer son ressenti : “Je ne l’ai pas très bien vécu. Je ne l’ai pas forcément compris.” Une déclaration simple, mais lourde de sens, qui éclaire d’un jour nouveau les coulisses de cette décision.
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Une décision stratégique assumée par France Télévisions
Pour comprendre cette éviction de David Pujadas, il faut la replacer dans le contexte de l’époque. En 2015, Delphine Ernotte prend la tête de France Télévisions avec une volonté affirmée de transformation. Modernisation des formats, renouvellement des visages, évolution de la ligne éditoriale : le chantier est vaste.
Dans ce cadre, le 20 Heures de France 2, véritable “navire amiral” de l’information du groupe, devient un symbole fort. Changer son présentateur, c’est envoyer un signal clair de renouveau. Une stratégie que David Pujadas semble aujourd’hui comprendre, même s’il ne l’a pas acceptée sur le moment.
Lors de son audition, il explique : “Vous arrivez, vous êtes la présidente de France Télévisions… peut-être souhaitez-vous qu’il y ait à cette place-là une équipe que vous avez choisie.” Une manière de reconnaître la légitimité de cette décision, tout en soulignant son caractère personnel.
Cette nuance est essentielle. Elle montre que si l’éviction de David Pujadas a été difficile à vivre, elle s’inscrit aussi dans une logique de gouvernance propre aux médias audiovisuels, où les changements de direction entraînent souvent des recompositions éditoriales.
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Une rupture de confiance déterminante dans son départ
L’un des éléments les plus marquants du témoignage de David Pujadas concerne la notion de confiance. Contrairement à certaines idées reçues, son départ n’a pas été uniquement subi. Il résulte aussi d’un choix personnel, motivé par un sentiment de rupture. En effet, Delphine Ernotte lui avait proposé de rester au sein du groupe, notamment pour continuer à animer une émission politique.
Une offre qui aurait pu permettre une transition en douceur. Mais le journaliste a préféré refuser. Pourquoi ? Parce que, selon ses propres mots, “il n’y avait pas de confiance d’une façon spontanée.” Cette déclaration met en lumière une réalité souvent invisible pour le grand public : dans les métiers de l’information, la relation entre un journaliste et sa direction repose sur un équilibre fragile.
Lorsque cet équilibre est rompu, il devient difficile de poursuivre une collaboration, même dans un autre cadre. Pour David Pujadas, cette absence de confiance a rendu toute continuité impossible. Il ajoute même que son départ s’apparente, d’une certaine manière, à une “rupture du contrat de travail”, bien qu’il reconnaisse ne pas connaître tous les détails des décisions prises en coulisses.
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Le remplacement par Anne-Sophie Lapix et la question du renouvellement
Autre point abordé lors de son audition : son remplacement par Anne-Sophie Lapix, qui assurait alors son rôle de joker. Un choix qui avait également suscité de nombreuses réactions à l’époque. Avec le recul, David Pujadas adopte une position mesurée. Il reconnaît que seize ans à la présentation du 20 Heures de France 2, c’est une durée exceptionnelle, et que le renouvellement peut être légitime. “Le choix peut être bon, il peut ne pas être bon.” Une phrase qui résume parfaitement son analyse.
Il évoque également une possible volonté de féminiser la chaîne, un enjeu important dans les politiques de diversité et de représentation dans les médias. Si cette hypothèse n’a jamais été officiellement confirmée, elle s’inscrit dans une tendance globale observée à cette période. Ce passage de témoin entre David Pujadas et Anne-Sophie Lapix illustre ainsi une transformation plus large de l’audiovisuel public, où les enjeux éditoriaux se mêlent à des considérations sociétales et stratégiques.
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Une carrière marquée par la notoriété… et ses dérives
Au-delà de son éviction de France 2, David Pujadas a également évoqué un autre aspect méconnu de sa carrière : les dérives liées à sa notoriété. Invité en 2024 dans l’émission C l’hebdo sur France 5, il avait déjà confié avoir été victime de harcèlement. Un témoignage saisissant, qui contraste avec l’image maîtrisée du journaliste. Il raconte notamment : “Des femmes qui m’attendaient à la sortie tous les jours… jusqu’à la dégradation de mon scooter.”
Ces comportements, d’abord perçus avec indulgence, ont fini par devenir inquiétants. David Pujadas explique avoir dû alerter les services de sécurité de France Télévisions pour mettre fin à ces situations. Ce récit met en lumière une réalité souvent sous-estimée : la célébrité médiatique, même dans le journalisme, peut exposer à des formes de pression et de harcèlement. Un phénomène qui dépasse largement le cadre des personnalités du divertissement.
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Un rebond réussi après France 2
Malgré cette éviction difficile, David Pujadas a su rebondir. Depuis son départ de France 2, il s’est imposé sur LCI, où il anime des émissions d’information et de débat. Une transition réussie, qui montre sa capacité à s’adapter et à continuer à exister dans un paysage médiatique en constante évolution. Si son départ du 20 Heures de France 2 a marqué la fin d’une époque, il n’a pas signé la fin de sa carrière. Au contraire, il lui a permis de se réinventer, de prendre du recul et de proposer une autre approche de l’information.
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Ce que révèle vraiment l’affaire Pujadas sur l’audiovisuel public
Au-delà du cas personnel de David Pujadas, cette affaire soulève des questions plus larges sur le fonctionnement de l’audiovisuel public. Le rôle des dirigeants, la place des figures emblématiques, les enjeux de renouvellement : autant de sujets au cœur des débats actuels.
Le témoignage du journaliste apporte un éclairage précieux sur ces dynamiques internes. Il montre que les décisions ne sont jamais uniquement éditoriales, mais qu’elles relèvent aussi de stratégies globales, parfois difficiles à accepter pour ceux qui en sont les acteurs.
En affirmant que “ça n’a pas été un drame”, tout en reconnaissant la difficulté de la situation, David Pujadas adopte une posture équilibrée. Ni amertume excessive, ni déni de la réalité. Un positionnement qui reflète sans doute l’évolution de son regard sur cet épisode, neuf ans après les faits.
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Une parole qui relance le débat sur les visages de l’information
La prise de parole de David Pujadas intervient dans un contexte où l’audiovisuel public est plus que jamais au cœur des discussions politiques et médiatiques. Réforme, financement, indépendance : les enjeux sont nombreux. Dans ce cadre, son témoignage résonne comme un rappel : derrière les décisions stratégiques se trouvent des parcours humains, des carrières, des équilibres fragiles.
En revenant sur son éviction de France 2, il ne se contente pas de raconter une histoire personnelle. Il participe à une réflexion plus large sur la place des journalistes, leur relation avec les directions, et l’évolution des médias. Une parole rare, précieuse, qui éclaire les coulisses d’un univers souvent perçu comme opaque.
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