Tout s’est joué en quelques mots. Lorsque David Pujadas revient aujourd’hui sur son éviction du 20 Heures de France 2, il évoque une phrase simple, presque banale, mais qui a marqué un tournant dans sa carrière : “Je souhaite changer”. C’est ainsi que Delphine Ernotte, alors fraîchement arrivée à la tête de France Télévisions, lui aurait annoncé sa décision.

Cette volonté de renouvellement s’inscrivait dans un contexte plus large. Nommée en 2015, Delphine Ernotte avait pour mission de moderniser le groupe, de redynamiser ses antennes et d’insuffler une nouvelle dynamique éditoriale. Dans cette logique, le journal de 20 heures, incarnation la plus visible de l’information du service public, représentait un symbole fort. Changer son présentateur revenait à marquer une rupture claire avec l’existant.
Pour David Pujadas, cette annonce a été un choc. Après seize ans à la présentation du JT, il ne s’attendait pas à être remplacé aussi rapidement. Pourtant, avec le recul, il reconnaît que cette décision relevait du droit de la direction. Lors de son audition du 31 mars, il explique qu’un nouveau président peut vouloir s’entourer d’une équipe qu’il a choisie, en qui il a pleinement confiance.
Ce témoignage met en lumière la réalité des grandes chaînes : les décisions ne reposent pas uniquement sur la performance ou la popularité, mais aussi sur des choix stratégiques. Le 20 Heures étant considéré comme le “navire amiral” de France 2, toute modification à sa tête est forcément lourde de sens.
David Pujadas insiste toutefois sur un point important : il ne connaît pas tous les éléments qui ont conduit à cette décision. Il laisse entendre que certaines discussions ont eu lieu en coulisses, sans qu’il en soit informé. Une zone d’ombre qui alimente encore aujourd’hui les interrogations autour de son départ. Il évoque également une hypothèse qui avait circulé à l’époque : la volonté de féminiser les visages de la chaîne. Le remplacement par Anne-Sophie Lapix, qui assurait déjà son rôle de joker, s’inscrivait en effet dans une dynamique plus large de mise en avant des femmes à l’antenne.
Avec le recul, David Pujadas adopte une position nuancée. Il ne conteste pas la légitimité de la décision, mais il reconnaît qu’elle a été difficile à vivre. Cette dualité entre compréhension et émotion traverse l’ensemble de son témoignage. Aujourd’hui encore, cette phrase prononcée par Delphine Ernotte reste associée à son départ. Elle symbolise à la fois la brutalité du changement et la logique implacable des grandes institutions médiatiques, où les décisions peuvent être prises rapidement, même pour les figures les plus installées.
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