Pour de nombreuses stations-service indépendantes, la transition énergétique ressemble aujourd’hui à un mur infranchissable. Alors que les pouvoirs publics encouragent le développement de solutions électriques, hydrogène ou biocarburants, les exploitants tirent la sonnette d’alarme : ils n’ont tout simplement pas les moyens de suivre.

Dans les faits, plus d’un tiers de ces stations n’a pas la capacité financière d’investir dans les équipements nécessaires. Installer des bornes de recharge électrique, moderniser les infrastructures ou adapter les installations représente des coûts considérables. Des dépenses difficiles à assumer pour des structures dont la rentabilité est déjà très limitée.
La situation est d’autant plus critique que près d’une station sur deux affiche un résultat annuel inférieur à 30 000 euros. À ce niveau, il devient impossible de financer des projets de transformation, pourtant indispensables pour rester dans la course. Résultat : beaucoup d’exploitants envisagent d’abandonner purement et simplement la distribution de carburant dans les années à venir. Les normes environnementales et réglementaires jouent également un rôle déterminant. Elles se multiplient et imposent des investissements réguliers, souvent lourds. Si ces évolutions sont nécessaires pour accompagner la décarbonation, elles créent une pression supplémentaire sur un secteur déjà fragilisé.
Dans ce contexte, la concurrence avec la grande distribution apparaît encore plus déséquilibrée. Les grandes enseignes disposent de ressources importantes et peuvent amortir les coûts liés à la transition énergétique. Elles peuvent aussi proposer des prix plus attractifs, attirant une clientèle toujours plus large. Pour les stations indépendantes, l’équation est donc simple : investir massivement ou disparaître. Mais pour beaucoup, cette décision n’en est même pas une, faute de moyens. La perspective de fermeture devient alors une réalité envisagée par 41 % des exploitants.
Au-delà de l’aspect économique, c’est aussi une question d’aménagement du territoire. Ces stations pourraient pourtant jouer un rôle clé dans le développement des énergies alternatives. Elles sont idéalement situées, proches des usagers et parfaitement intégrées dans le tissu local. Sans accompagnement financier, cette opportunité pourrait être manquée. Les professionnels réclament ainsi un plan national pour soutenir la transformation du secteur. Une aide jugée indispensable pour éviter une disparition massive et pour permettre aux stations indépendantes de participer pleinement à la transition énergétique.
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