Depuis quelques jours, certaines images circulent massivement sur les réseaux sociaux. On y voit des automobilistes alignés devant des stations-service, attendant leur tour pour faire le plein. Ces scènes, observées notamment dans le Var et dans les Bouches-du-Rhône, ont immédiatement alimenté les inquiétudes de nombreux conducteurs.

Pour certains automobilistes, la peur est simple : l’essence pourrait manquer dans les jours à venir. La tension internationale autour de l’Iran et la décision de bloquer le détroit d’Ormuz ont suffi à déclencher un réflexe bien connu lors des crises énergétiques. Beaucoup préfèrent remplir leur réservoir immédiatement, par précaution.
Devant une station-service du sud de la France, un retraité expliquait ainsi vouloir anticiper une éventuelle hausse. Selon lui, si les prix augmentent, faire le plein maintenant permettrait d’économiser quelques euros. Une autre automobiliste racontait avoir vu le prix du carburant passer de 1,64 euro à 1,65 euro en une matinée, ce qui a suffi à déclencher sa crainte d’une explosion des tarifs.
Pourtant, les autorités françaises tentent de calmer le jeu. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a assuré que la France ne faisait face à aucun problème d’approvisionnement. Selon lui, il n’existe actuellement aucun risque de pénurie, ni pour l’essence ni pour le gaz. Le secteur des stations-service confirme cette analyse. Francis Pousse, président national des stations et Énergies nouvelles chez Mobilians, a lui aussi expliqué que les infrastructures françaises disposent de stocks suffisants. Les raffineries, les dépôts et les circuits logistiques continuent de fonctionner normalement.
Un élément méconnu explique également pourquoi la situation reste sous contrôle : la France dépend relativement peu du pétrole venant directement du Moyen-Orient. En 2024, cette région ne représentait qu’environ 12 % des importations françaises de pétrole selon les données de l’Insee. Autrement dit, même si la situation autour du détroit d’Ormuz reste surveillée de près, elle ne menace pas immédiatement l’approvisionnement du pays.
En réalité, les spécialistes expliquent que le principal risque pourrait venir… du comportement des automobilistes eux-mêmes. Lorsque de nombreux conducteurs se ruent en même temps vers les stations-service, les stocks locaux peuvent se vider beaucoup plus vite que prévu. Les stations-service sont conçues pour fonctionner avec un rythme régulier de clients et de livraisons. Lorsque la demande devient soudainement massive, certaines stations peuvent se retrouver temporairement à sec.
Ce phénomène a déjà été observé lors de crises précédentes, notamment lors de grèves dans les raffineries. Dans ces situations, la pénurie n’était pas toujours liée à un manque réel de carburant, mais à une panique collective.
Autrement dit, la peur d’une pénurie peut parfois provoquer exactement ce que tout le monde souhaite éviter. C’est pourquoi les autorités appellent aujourd’hui les automobilistes à garder leur calme et à conserver leurs habitudes normales de consommation. Car si chacun continue à faire le plein comme d’habitude, l’équilibre du système d’approvisionnement reste parfaitement stable.
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