La phrase a été prononcée avec gravité et elle a immédiatement fait le tour des capitales européennes. En déplacement à Chypre au dixième jour de la guerre entre l’Iran d’un côté et les États-Unis et Israël de l’autre, Emmanuel Macron a lancé un message très clair : « Lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée ».

Une déclaration lourde de sens alors que le conflit s’étend progressivement à toute la région du Moyen-Orient et que plusieurs pays européens redoutent désormais d’être directement impliqués.
Le président français s’est rendu sur l’île méditerranéenne pour afficher le soutien de la France à ce pays membre de l’Union européenne qui se retrouve au cœur des tensions régionales. Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, la situation s’est rapidement dégradée dans toute la zone. Des drones et des missiles ont notamment visé des installations militaires situées à Chypre, dont une base britannique. Ces attaques ont fait craindre une extension du conflit bien au-delà des frontières du Moyen-Orient.
Face à cette situation, Emmanuel Macron a choisi un ton très ferme. Pour le chef de l’État, la solidarité européenne doit être totale dans ce type de crise. Selon lui, une attaque contre un territoire européen ne peut pas être considérée comme un simple incident régional. Elle constitue une menace directe pour la sécurité du continent. Cette prise de position intervient alors que plusieurs dirigeants européens redoutent un engrenage militaire qui pourrait impliquer l’OTAN.
Lors de ce déplacement, Emmanuel Macron a rencontré le président chypriote Nikos Christodoulides ainsi que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. Les discussions ont porté sur la sécurité régionale et la protection des bases militaires occidentales situées en Méditerranée orientale. Le chef de l’État français a également évoqué la nécessité de protéger les ressortissants européens présents dans la région, alors que des milliers de Français ont déjà été rapatriés depuis le début des hostilités.
La France a d’ailleurs décidé de renforcer fortement sa présence militaire dans la zone. Emmanuel Macron a annoncé la mobilisation de moyens navals importants, dont huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et le porte-avions Charles-de-Gaulle. Ce groupe aéronaval est actuellement positionné au large de la Crète afin de pouvoir intervenir rapidement en cas d’escalade.
Dans le même temps, le président français a appelé le Hezbollah à cesser immédiatement ses frappes contre Israël. Le mouvement chiite libanais, soutenu par l’Iran, est entré dans le conflit au début du mois de mars en lançant des attaques contre le territoire israélien depuis le Liban. Cette ouverture d’un second front inquiète particulièrement les diplomaties occidentales.
La situation reste extrêmement volatile. Tandis que des explosions ont été entendues à Téhéran et que des missiles iraniens continuent d’être tirés vers Israël et certains pays du Golfe, l’Europe observe avec inquiétude les répercussions économiques du conflit. Les prix du pétrole ont dépassé les 115 dollars le baril et le gaz européen a bondi d’environ 30 %, alimentant les craintes d’un nouveau choc énergétique.
Dans ce contexte, la déclaration d’Emmanuel Macron à Chypre prend une dimension particulière. En affirmant que l’attaque de l’île équivaut à une attaque contre toute l’Europe, le président français a voulu envoyer un signal politique fort. Un message destiné autant aux alliés européens qu’aux puissances impliquées dans le conflit, alors que la guerre au Moyen-Orient continue de redessiner les équilibres géopolitiques mondiaux.
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