Les épisodes de pluie abondante, les inondations répétées et la douceur exceptionnelle des températures observées ces dernières semaines soulèvent une question qui intrigue autant qu’elle inquiète : faut-il redouter une prolifération massive de moustiques en France dès février 2026 ?

Alors que plusieurs départements ont été placés en vigilance rouge crues et que la décrue s’annonce lente dans certaines zones, les conditions météorologiques actuelles pourraient constituer un terrain particulièrement favorable au développement de certaines espèces. Décryptage complet.
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Pluies abondantes et crues : un terrain idéal pour les moustiques
La combinaison entre pluies intenses et crues importantes crée un environnement particulièrement propice à la reproduction des moustiques. Ces dernières semaines, plusieurs départements comme la Gironde, le Lot-et-Garonne, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire ou encore la Charente-Maritime ont été placés en vigilance rouge « crues ». Des inondations majeures y ont été observées, laissant derrière elles de nombreuses zones d’eau stagnante.
Or, l’eau stagnante constitue le principal facteur de reproduction des moustiques. Les femelles pondent leurs œufs à la surface ou à proximité immédiate de ces nappes temporaires, qu’il s’agisse de fossés, de mares improvisées, de champs inondés ou de dépressions naturelles remplies par les pluies.
La décrue progressive ne signifie pas disparition immédiate de ces points d’eau. Bien au contraire : lorsque l’eau se retire lentement, elle laisse souvent derrière elle des poches isolées idéales pour le développement des larves.
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Quelles espèces de moustiques sont concernées ?
Toutes les espèces ne réagissent pas de la même manière aux conditions hivernales. Certaines sont plus actives en été, d’autres peuvent profiter de températures relativement douces en hiver.
Parmi elles, l’aedes detritus, notamment présent en Charente-Maritime, est une espèce capable de se développer autour des étangs et sur les littoraux, y compris pendant la saison froide. Les submersions marines associées aux vents de mer favorisent également les éclosions. Lorsque l’eau salée ou saumâtre recouvre temporairement certaines zones, elle crée des environnements particulièrement appréciés par ces moustiques spécifiques.
Cependant, il convient de préciser que l’activité reste moins intense qu’en plein été. La densité ne devrait donc pas atteindre les niveaux observés en juillet ou août, mais une présence inhabituelle pour la saison reste envisageable.
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Températures douces : un accélérateur biologique
Au-delà des précipitations, c’est la douceur des températures qui constitue l’autre facteur déterminant. Selon les données climatiques, le mois de janvier 2026 affiche une moyenne proche des normales saisonnières (+0,3 °C). Toutefois, les prévisions annoncent une hausse significative dès cette semaine, avec des températures dépassant les 15 °C sur une grande partie du territoire. Un pic à 20 °C à Paris est même anticipé, une valeur rarement atteinte à cette période de l’année.
Or, le seuil des 20 °C est particulièrement favorable au développement des larves. Plus la température est élevée, plus le cycle biologique s’accélère. En été, certaines larves se développent en seulement cinq jours. En hiver, le processus est plus lent — plusieurs semaines — mais la douceur actuelle pourrait réduire ce délai.
Ainsi, la conjonction pluie + eau stagnante + températures anormalement élevées constitue un cocktail météorologique propice à une augmentation ponctuelle de la population de moustiques.
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Le rôle du changement climatique
Les projections saisonnières indiquaient déjà un scénario plus chaud que la normale pour l’hiver 2026. Février pourrait afficher une température moyenne supérieure d’environ 3,5 °C aux standards habituels, ce qui en ferait l’un des mois de février les plus chauds enregistrés en France.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de changement climatique, marqué par :
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Des épisodes pluvieux plus intenses
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Des hivers plus doux
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Des périodes de gel plus courtes
Ces évolutions modifient profondément les cycles biologiques des insectes. Certaines espèces gagnent du terrain géographique, d’autres prolongent leur période d’activité. Même si l’hiver ne devient pas une saison de forte nuisance, la période d’apparition des moustiques pourrait s’allonger progressivement dans les années à venir.
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Les autorités sanitaires peuvent-elles réagir ?
La bonne nouvelle réside dans le fait que le développement des larves est plus lent en hiver qu’en été. Ce délai offre davantage de temps aux équipes de démoustication pour intervenir. En Occitanie, plus de 2.000 hectares ont déjà été traités depuis fin janvier par les services spécialisés. Les opérations ciblent principalement les zones littorales, les marais et les secteurs inondés.
Les traitements biologiques permettent de limiter l’émergence des adultes avant qu’ils ne deviennent nuisibles. La surveillance reste toutefois indispensable, notamment dans les zones récemment inondées où l’eau pourrait stagner plusieurs jours.
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Faut-il craindre une invasion massive ?
À ce stade, parler d’« invasion » serait excessif. Les experts évoquent plutôt un risque de présence accrue inhabituelle pour la saison.
Plusieurs éléments limitent le scénario d’explosion :
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Le cycle de reproduction reste plus lent qu’en été
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Les nuits demeurent fraîches dans de nombreuses régions
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Les traitements préventifs sont en cours
Cependant, dans les départements les plus touchés par les crues et bénéficiant d’une douceur prolongée, des nuisances localisées sont possibles. Il s’agirait davantage d’un phénomène ponctuel lié aux conditions météorologiques exceptionnelles qu’à une véritable invasion nationale.
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Quels gestes adopter en prévention ?
Même en hiver, certaines précautions peuvent limiter la prolifération :
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Éviter l’accumulation d’eau stagnante autour des habitations
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Vider régulièrement les coupelles sous les pots de fleurs
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Nettoyer les gouttières obstruées
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Couvrir les récupérateurs d’eau
Ces gestes simples permettent de réduire les zones potentielles de ponte.
Vers une nouvelle saison des moustiques ?
L’hiver 2026 pourrait marquer un signal supplémentaire dans l’évolution des cycles saisonniers. Si les températures restent supérieures aux normales et que les précipitations demeurent abondantes, la saison des moustiques pourrait démarrer plus tôt que prévu.
Cela ne signifie pas nécessairement une explosion durable, mais plutôt un allongement progressif de la période d’activité. En résumé, les pluies abondantes, la douceur exceptionnelle et les crues importantes créent des conditions favorables à une prolifération des moustiques dans certaines zones de France.
Le risque d’« invasion » généralisée semble limité pour l’instant, mais la vigilance reste de mise, notamment dans les départements les plus touchés par les inondations. Les semaines à venir permettront de confirmer si ce phénomène reste ponctuel ou s’inscrit dans une tendance climatique plus large.
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