Alors que la Seine est scrutée de près par Vigicrues en cette troisième semaine de février, l’ombre d’une crue historique plane de nouveau sur la capitale.

Avec un pic annoncé à 3,68 mètres, bien au-dessus de la moyenne habituelle d’environ 1,20 mètre, les regards se tournent vers le spectre d’un scénario bien plus dramatique : celui d’une crue centennale comparable à celle de 1910.
Si un tel événement se produisait en 2026, combien coûterait réellement une inondation d’ampleur exceptionnelle à Paris et en Île-de-France ? Les estimations les plus récentes évoquent des montants vertigineux, compris entre 21 et 42 milliards d’euros. Décryptage d’un risque majeur aux conséquences économiques et humaines considérables.
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Une crue centennale aux conséquences historiques
L’inondation de janvier 1910 reste gravée dans la mémoire collective. À l’époque, la Seine avait atteint 8,62 mètres au pont d’Austerlitz, paralysant durablement la capitale. Métros submergés, quartiers entiers inondés, réseaux hors service : la ville avait mis des semaines à retrouver un semblant de normalité.
Le coût de la reconstruction avait été estimé à 400 millions de francs-or, soit l’équivalent de plus de 1,6 milliard d’euros actuels. Un chiffre impressionnant pour l’époque, mais dérisoire comparé aux projections pour 2026.
Car en plus d’un siècle, Paris s’est densifiée, les infrastructures se sont multipliées, les réseaux souterrains se sont complexifiés et la valeur des biens assurés a explosé. Cette transformation urbaine rend aujourd’hui la capitale beaucoup plus vulnérable financièrement face à un événement extrême.
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Entre 21 et 42 milliards d’euros de dégâts potentiels
Selon une enquête menée par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR), une crue de même ampleur que celle de 1910 entraînerait des pertes estimées entre 21 et 42 milliards d’euros, touchant jusqu’à 876 communes.
Le réassureur public souligne qu’en zone dense comme l’Île-de-France, une inondation majeure provoquerait des conséquences systémiques : coupures d’électricité, interruption des transports, évacuations massives, paralysie économique.
L’expérience de 2016 donne un aperçu de cette vulnérabilité. Cette année-là, une montée de la Seine à 6,10 mètres – bien inférieure au niveau de 1910 – avait déjà coûté 1,4 milliard d’euros aux assureurs. Un signal d’alerte sur la fragilité du territoire face aux crues.
L’augmentation du coût potentiel s’explique également par « l’enrichissement global du pays ». Les biens assurés valent aujourd’hui bien plus qu’il y a cent ans. Les assureurs estiment que 43 % de la hausse globale des pertes potentielles est directement liée à cette valorisation accrue.
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435 000 logements et 700 000 emplois menacés
L’OCDE met en garde contre un effet domino massif. Une crue exceptionnelle ne toucherait pas uniquement Paris, mais l’ensemble du bassin de la Seine, en amont comme en aval.
Les chiffres sont parlants :
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435 000 logements potentiellement exposés
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700 000 emplois menacés
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5 millions de personnes impactées dans leur quotidien
En région parisienne, près de 90 % des constructions se situent en zone inondable. Environ 850 000 habitants d’Île-de-France vivent dans des secteurs exposés, dont 240 000 Parisiens.
Les communes de banlieue seraient particulièrement vulnérables. Des villes comme Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine ou Neuilly-sur-Marne figurent parmi les plus exposées selon les cartes prévisionnelles publiées par la DRIEAT.
Des réseaux stratégiques sous haute tension
Au-delà des habitations, c’est toute la colonne vertébrale économique et logistique de la région qui serait menacée.
En cas de crue majeure :
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Certains distributeurs d’électricité devraient être coupés pour éviter les incendies.
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Des quartiers entiers pourraient être plongés dans le black-out.
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Les réseaux de transport, notamment le métro et le RER, seraient fortement perturbés.
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L’accès à l’eau potable pourrait être compromis.
Une paralysie des transports entraînerait immédiatement des pertes économiques colossales. Les entreprises seraient contraintes de suspendre leur activité, les salariés empêchés de se déplacer, les chaînes d’approvisionnement désorganisées.
La continuité de l’État elle-même pourrait être affectée, d’où la mise en place d’exercices de simulation à grande échelle.
Le plan « Paris inondé » et les exercices HYDROS 25
Conscientes de ces risques, les autorités ont lancé le plan « Paris inondé » en octobre 2025. Les exercices HYDROS 25, organisés du 13 au 17 octobre sous l’égide du secrétariat général de la Zone de défense et de sécurité de Paris, ont simulé une crue majeure afin de tester :
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Les dispositifs de gestion de crise
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Les procédures d’évacuation
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La coordination entre services
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La continuité des services publics
L’objectif est clair : limiter les dégâts humains et financiers si le scénario redouté venait à se concrétiser.
Par ailleurs, des infrastructures ont été renforcées. En janvier 2025, la retenue du casier Seine Bassée a été finalisée. Avec une capacité de 10 millions de mètres cubes d’eau, elle peut abaisser le niveau de la Seine de 15 centimètres en cas de crue. Un investissement de 150 millions d’euros qui pourrait éviter des milliards de pertes.
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Paris moins protégée que Londres ?
Malgré ces efforts, la Cour des Comptes se montre critique. Elle estime que l’agglomération parisienne reste insuffisamment protégée face aux grandes crues, notamment comparée à d’autres métropoles internationales.
La protection théorique en petite couronne correspond à une crue de retour de 30 à 50 ans, voire 10 à 20 ans dans certains secteurs. Pour le reste de Paris, la référence reste la crue centennale.
À titre de comparaison, Londres bénéficie d’une protection contre une crue de retour de mille ans et vise un niveau de protection pour un retour de 10 000 ans d’ici 2100.
Cette différence interroge sur la capacité de la capitale française à affronter un événement extrême dans un contexte de changement climatique, où les épisodes de pluies intenses deviennent plus fréquents.
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Une indemnisation encadrée par la loi
En cas de catastrophe naturelle reconnue, la loi du 13 juillet 1982 impose aux assureurs d’indemniser les dommages. Ce mécanisme de solidarité nationale limite l’impact financier direct pour les particuliers, mais transfère une partie du coût vers le système assurantiel et, in fine, vers la collectivité.
Une crue estimée à 42 milliards d’euros représenterait un choc majeur pour le secteur de l’assurance et pour les finances publiques.
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Une capitale face à son vieux démon
La montée actuelle de la Seine rappelle à quel point Paris reste vulnérable. Si le pic annoncé à 3,68 mètres ne constitue pas un danger immédiat comparable à 1910, il agit comme un signal d’alerte.
Les projections financières, oscillant entre 21 et 42 milliards d’euros, montrent que le coût d’une crue majeure en 2026 dépasserait de très loin celui du passé. Entre densification urbaine, valorisation des biens et interdépendance des réseaux, la capitale joue aujourd’hui gros.
Préparation, investissements, exercices de crise : les autorités tentent d’anticiper l’impensable. Mais face à la puissance de la nature, la question demeure : Paris est-elle réellement prête à affronter une nouvelle crue centennale ?
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