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"Le président de la Ve République qui s’implique le plus" : pourquoi les nominations d’Emmanuel Macron font polémique

14 février 2026 - 16 : 25
par Clémence Pourquoi la nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes relance le débat sur le pouvoir de nomination d’Emmanuel Macron ? Analyse d’un président décrit comme le plus impliqué de la Ve République.

La nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes par Emmanuel Macron a déclenché une vive controverse politique.

Le président de la Ve République qui s’implique le plus : pourquoi les nominations d’Emmanuel Macron font polémique

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Au-delà du cas individuel de la ministre du Budget appelée à succéder à Pierre Moscovici, cette décision met en lumière un sujet central mais souvent méconnu : le pouvoir de nomination du président de la République sous la Ve République.

Selon le journaliste Michaël Moreau, auteur d’un livre-enquête consacré à cette prérogative, Emmanuel Macron serait « le président de la Ve République qui s’implique le plus » dans les choix stratégiques aux postes clés de l’État. Une affirmation qui relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs et la pratique institutionnelle du chef de l’État.

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La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : une situation inédite

Le choix d’Emmanuel Macron de nommer Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, à la présidence de la Cour des comptes a immédiatement suscité des réactions. La raison ? La ministre sera amenée, dans quelques mois, à rendre un avis sur le budget qu’elle aura elle-même contribué à élaborer.

Si d’anciens ministres ont déjà pris la tête de l’institution de la rue Cambon, la situation présente comporte une dimension particulière. Lorsque Pierre Moscovici avait été nommé à ce poste, six années s’étaient écoulées entre son départ de Bercy et son arrivée à la Cour des comptes.

Dans le cas d’Amélie de Montchalin, la proximité temporelle entre ses fonctions ministérielles et sa future mission soulève des interrogations sur l’indépendance perçue de l’institution. L’opposition a vivement dénoncé un risque de conflit d’intérêts, même si juridiquement la nomination respecte les textes en vigueur.

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Le pouvoir de nomination du président sous la Ve République

Le pouvoir de nomination du président de la République est inscrit dans l’article 13 de la Constitution. Celui-ci prévoit que le chef de l’État « nomme aux emplois civils et militaires de l’État ».

La liste est longue : conseillers d’État, ambassadeurs, préfets, officiers généraux, recteurs d’académie, conseillers maîtres à la Cour des comptes, directeurs d’administrations centrales, et bien d’autres fonctions stratégiques.

Selon certaines estimations, le président serait à l’origine d’environ 5 000 nominations. Un chiffre considérable, qui donne au chef de l’État un levier déterminant dans l’architecture administrative et institutionnelle du pays.

Ce pouvoir a été renforcé dès l’origine par le général de Gaulle, qui souhaitait que le président dispose d’une autorité forte face au Premier ministre. Il s’est ensuite étendu au fil des décennies, notamment sous la présidence de François Mitterrand, qui a élargi le champ des nominations présidentielles dans les années 1980.

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Emmanuel Macron, un président particulièrement impliqué

Ce qui distingue Emmanuel Macron de ses prédécesseurs ne serait pas tant l’étendue du pouvoir que sa pratique. Selon les analyses relayées notamment par France 24, le président s’investit personnellement dans les « castings » aux postes clés.

Dès 2017, il recevait les directeurs d’administration centrale pour leur fixer une feuille de route et s’assurer de leur alignement avec son projet politique. Les candidats auditionnés décrivent des entretiens précis, techniques, où le chef de l’État démontre une connaissance approfondie des dossiers.

Mais cette implication s’accompagne parfois de retards. Plusieurs nominations ont été différées, entraînant des périodes d’intérim ou des situations institutionnelles délicates. Cette gestion personnalisée du calendrier renforce l’image d’un président qui contrôle étroitement les équilibres administratifs.

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Des garde-fous institutionnels limités

Depuis la révision constitutionnelle de 2008, certaines nominations sont soumises à l’avis des commissions parlementaires compétentes. Toutefois, pour qu’une nomination soit rejetée, il faut réunir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Dans les faits, ce mécanisme constitue un frein théorique plus que réel. Une seule nomination a été effectivement bloquée : celle de Boris Ravignon à la tête de l’Ademe en 2023.

En 2025, la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel avait également frôlé le rejet, à une voix près. Ces épisodes montrent que le contrôle parlementaire existe, mais demeure exceptionnel.

La création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en 2013 a également introduit un outil de vigilance contre les conflits d’intérêts. Toutefois, son rôle reste centré sur la déclaration et la prévention, sans remettre en cause le pouvoir présidentiel en tant que tel.

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Un phénomène de « fin de règne » ?

Les fins de mandat présidentiel sont traditionnellement marquées par une intensification des nominations stratégiques. Sous Nicolas Sarkozy, une tentative de nomination controversée en pleine campagne présidentielle avait été gelée face à la polémique.

Sous Emmanuel Macron, plusieurs proches ont déjà été nommés à des postes clés : anciens ministres au Conseil constitutionnel, responsables politiques à la tête d’établissements publics stratégiques ou d’infrastructures majeures.

Dans les prochains mois, le président devra désigner le vice-président du Conseil d’État, le gouverneur de la Banque de France, le Défenseur des droits, mais aussi se prononcer sur l’avenir de grandes institutions culturelles comme le musée du Louvre ou l’Institut du monde arabe. Autant de décisions hautement symboliques et politiquement sensibles.

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Une dérive monarchique ?

Dès 1995, Jacques Chirac évoquait une possible « dérive monarchique » du pouvoir présidentiel en matière de nominations. Pourtant, aucun président n’a réellement cherché à réduire cette prérogative.

Le pouvoir de nomination permet non seulement de structurer l’appareil d’État, mais aussi d’influencer durablement les orientations politiques et administratives du pays. Il constitue un levier stratégique, capable de façonner l’héritage d’un quinquennat bien au-delà de son terme.

Pour les critiques, cette concentration du pouvoir favorise un phénomène de cour, où les carrières dépendent largement de la proximité avec l’Élysée. Pour les défenseurs du système, elle garantit une cohérence politique et une mise en œuvre efficace des réformes.

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Une pratique scrutée de plus en plus attentivement

La polémique autour d’Amélie de Montchalin illustre une évolution : les nominations présidentielles sont désormais largement médiatisées et analysées. Les réseaux sociaux, la transparence accrue et la polarisation politique rendent chaque décision plus visible et plus contestée. La question dépasse le seul cas de la Cour des comptes. Elle interroge la nature même de la Ve République, conçue pour donner au président une position centrale.

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En s’impliquant personnellement dans les nominations, Emmanuel Macron assume une conception verticale du pouvoir, cohérente avec son approche institutionnelle. Mais cette pratique, inédite par son intensité selon certains observateurs, continuera de nourrir le débat public jusqu’à la fin de son mandat.

La controverse actuelle rappelle que derrière chaque nomination se joue un équilibre subtil entre légalité constitutionnelle, légitimité politique et perception d’indépendance des institutions. Et dans ce domaine, le chef de l’État demeure, plus que jamais, au centre du jeu.

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Clémence
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