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Amélie de Montchalin nommée à la Cour des comptes : la décision d’Emmanuel Macron qui fait bondir l’opposition

14 février 2026 - 17 : 20
par Clémence Emmanuel Macron nomme Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes : une décision inédite qui relance le débat sur son pouvoir de nomination.

La décision est tombée mercredi 11 février et elle n’a laissé personne indifférent. Emmanuel Macron a choisi de remplacer Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes par Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget. Un choix qui, immédiatement, a déclenché une vague de critiques dans les rangs de l’opposition.

Amélie de Montchalin nommée à la Cour des comptes : la décision d’Emmanuel Macron qui fait bondir l’opposition

La situation est particulière. Dans quelques mois, Amélie de Montchalin quittera Bercy pour prendre les rênes de l’institution de la rue Cambon. Or la Cour des comptes est chargée d’examiner et d’évaluer la gestion budgétaire de l’État. Concrètement, la ministre du Budget sera amenée à rendre un avis sur le budget qu’elle aura elle-même contribué à élaborer. Une configuration jugée inédite sous la Ve République.

Certes, d’anciens ministres ont déjà pris la tête de la Cour des comptes. Pierre Moscovici lui-même avait occupé le portefeuille de l’Économie avant d’être nommé président de l’institution. Mais six années s’étaient écoulées entre son départ de Bercy et son arrivée rue Cambon. Dans le cas d’Amélie de Montchalin, la proximité temporelle interroge.

Les critiques ne portent pas seulement sur le calendrier. Elles visent aussi la proximité politique entre Emmanuel Macron et Amélie de Montchalin, ancienne députée La République en marche devenue l’une des figures du macronisme. Pour ses détracteurs, cette nomination brouille la frontière entre pouvoir exécutif et autorité de contrôle.

Pourtant, sur le plan juridique, le chef de l’État agit dans le cadre strict de la Constitution. L’article 13 lui confère le pouvoir de nommer aux emplois civils et militaires de l’État. Conseillers d’État, ambassadeurs, préfets, officiers généraux, recteurs d’académie, conseillers maîtres à la Cour des comptes : la liste est longue. Et elle s’étend en réalité à plusieurs milliers de postes.

Depuis 2008, certaines nominations sont soumises à l’avis du Parlement. Mais pour qu’une nomination soit rejetée, il faut réunir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des commissions compétentes. Autant dire que le mécanisme de blocage reste exceptionnel. Une seule nomination a été retoquée dans l’histoire récente : celle de Boris Ravignon à la tête de l’Ademe en 2023.

La décision concernant Amélie de Montchalin relance donc un débat plus large : celui du pouvoir présidentiel en matière de nominations. Emmanuel Macron est décrit par certains observateurs comme le président de la Ve République le plus impliqué dans ces choix stratégiques. Dès 2017, il recevait personnellement les directeurs d’administration centrale pour leur fixer une feuille de route.

Au-delà de la polémique immédiate, cette nomination s’inscrit dans une séquence plus large. Dans les prochains mois, le chef de l’État devra désigner le vice-président du Conseil d’État, le gouverneur de la Banque de France, le Défenseur des droits et trancher sur l’avenir du musée du Louvre ou de l’Institut du monde arabe. Autant de décisions scrutées avec attention.

La nomination d’Amélie de Montchalin n’est donc pas un simple mouvement administratif. Elle révèle une pratique du pouvoir, une conception de la fonction présidentielle et un rapport aux institutions qui continuent d’alimenter les débats politiques.

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Clémence
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