Lorsque Sonia Mabrouk annonce son départ de CNews, puis quelques jours plus tard sa démission d’Europe 1, ce n’est pas seulement une trajectoire individuelle qui s’interrompt. C’est aussi l’équilibre d’un groupe médiatique qui se retrouve questionné.

Figure forte de l’interview politique, Sonia Mabrouk incarnait une certaine exigence éditoriale. Depuis neuf ans sur CNews et près de vingt ans sur Europe 1, elle était devenue un visage familier des matinales politiques. Son style direct, ses échanges parfois musclés avec les responsables politiques avaient contribué à sa notoriété.
Le désaccord porte sur le maintien de Jean-Marc Morandini, dont la condamnation pour corruption de mineurs a été confirmée par la Cour de cassation début janvier 2026. Malgré cela, la direction choisit de le conserver à l’antenne. Sonia Mabrouk s’y oppose publiquement et annonce son départ.
Le 6 février, elle quitte CNews. Le 8 février, elle est dispensée de préavis. Le 13 février, elle officialise également son départ d’Europe 1, évoquant un souci de cohérence.
Pour le groupe détenu par Vincent Bolloré, ce départ pose une question d’image. Perdre une journaliste identifiée à la crédibilité politique peut avoir un impact sur la perception du public. Dans un paysage audiovisuel déjà très concurrentiel, chaque figure compte.
En parallèle, les spéculations vont bon train. France Télévisions serait en discussion. Le groupe TF1, via BFMTV ou LCI, pourrait également se positionner. Une arrivée de Sonia Mabrouk chez un concurrent direct rebattrait certaines cartes.
Au-delà des mouvements stratégiques, cette séquence illustre les tensions possibles entre convictions individuelles et choix d’entreprise. Et rappelle que, dans les médias, les décisions éditoriales peuvent avoir des conséquences bien au-delà de l’antenne.
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