Ce mardi 10 février, l’atmosphère était studieuse mais électrique dans la salle d’audition. Élise Lucet, accompagnée de Gilles Delbos, rédacteur en chef d’Envoyé spécial, et de Sophie Le Gall, rédactrice en cheffe de Cash Investigation, a fait face aux députés de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public.

Pendant plus de trois heures, chaque mot, chaque chiffre, chaque justification a été scruté.
La journaliste de France Télévisions n’est pas novice en matière d’interrogatoire. Habituée à questionner des dirigeants d’entreprises et des responsables politiques, elle s’est retrouvée cette fois de l’autre côté de la table. Le débat a rapidement glissé vers les coûts de production de ses émissions emblématiques, notamment Cash Investigation.
C’est Charles Alloncle, rapporteur de la commission, qui a soulevé un point précis : le coût du plateau, estimé à 50 000 euros pour une émission. Une somme jugée élevée, surtout lorsqu’il s’agit d’argent public. L’échange a marqué un tournant dans l’audition.
Élise Lucet a alors détaillé le fonctionnement du programme. Le plateau utilisé est celui du 20 heures de France 2, ce qui permet de mutualiser les infrastructures. Elle a expliqué qu’une émission récente comptait six invités en plus d’elle, impliquant un dispositif technique conséquent, avec de nombreuses caméras et une équipe importante.
Loin d’éluder la question, elle a reconnu que le montant pouvait sembler impressionnant. Mais elle a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un coût par minute minimal pour une émission d’une heure diffusée en prime time. Selon elle, comparer ce budget sans tenir compte des exigences techniques et éditoriales serait réducteur.
Au fil des heures, l’audition a dépassé la simple question des chiffres. Elle a mis en lumière les attentes des parlementaires en matière de transparence et d’optimisation des dépenses publiques. Dans un contexte de réforme du financement de l’audiovisuel public, chaque programme est examiné à la loupe.
Élise Lucet, fidèle à son image, a défendu son travail avec assurance. Elle a expliqué la complexité des enquêtes, la nécessité de vérifications juridiques et l’investissement humain derrière chaque reportage. L’audition a ainsi offert un rare aperçu des coulisses d’émissions souvent perçues uniquement à travers leur diffusion à l’écran.
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