À droite, les lignes se tendent. Alors que Bruno Retailleau a fait savoir à plusieurs députés des Républicains qu’il se présenterait à l’élection présidentielle de 2027, Gérald Darmanin multiplie les appels à l’unité autour d’une primaire. Deux visions, deux méthodes, et déjà un duel stratégique qui ne dit pas encore son nom.

Bruno Retailleau a choisi d’informer ses proches parlementaires avant toute annonce officielle. Son allocution publique est prévue vers 18 heures, en direct sur les réseaux sociaux. Dans le message envoyé aux élus LR, il affirme avoir « beaucoup mûri » sa décision et évoque la nécessité d’offrir « un nouveau chemin » aux Français, centré sur l’ordre, la prospérité et la fierté nationale.
Gérald Darmanin, de son côté, adopte une posture différente. Sur France 2, le ministre de la Justice a plaidé pour un mécanisme de sélection clair entre les différentes figures de la droite et du centre. Il cite explicitement Édouard Philippe, Gabriel Attal, Xavier Bertrand et David Lisnard. Pour lui, une primaire devrait se tenir avant Noël afin d’éviter la dispersion des candidatures.
Cette divergence est fondamentale. Retailleau n’a jamais été favorable à une primaire. Il considère que l’autorité d’un candidat ne peut reposer sur une compétition interne permanente. Darmanin, au contraire, estime qu’une procédure démocratique interne permettrait d’éviter les fractures et de légitimer le vainqueur.
À quinze mois de la présidentielle, le calendrier s’accélère. Le président des Républicains prend position en premier, espérant sans doute imposer son tempo. Son discours met en avant le « rassemblement », mais aussi le « redressement du pays ». Une rhétorique qui vise à mobiliser un électorat conservateur inquiet sur les questions de sécurité et d’identité.
La droite française, encore marquée par ses divisions passées, doit désormais trancher. La stratégie Retailleau, fondée sur l’affirmation rapide d’une candidature, ou la stratégie Darmanin, axée sur la sélection collective ?
Ce face-à-face pourrait bien structurer les mois à venir. Et transformer une compétition interne en véritable affrontement politique avant même le début officiel de la campagne.
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