La polémique dépasse la simple désignation d’un nom. En choisissant Amélie de Montchalin pour succéder à Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes, Emmanuel Macron se retrouve accusé par ses opposants de vouloir verrouiller les institutions avant la fin de son mandat.

Le poste de Première présidente de la Cour des comptes est stratégique. Irrévocable jusqu’à 68 ans, il garantit une influence durable sur l’organe chargé de contrôler l’usage des finances publiques. Dans un contexte de tensions budgétaires et d’adoption du budget 2026 après un marathon parlementaire éprouvant, cette décision prend une dimension particulière.
Éric Coquerel parle de “danger” pour la neutralité de l’institution. Éric Ciotti dénonce un “passage en force”. François Ruffin ironise sur une “République des copains”. Les mots sont forts, révélateurs d’un malaise politique plus profond.
Les oppositions ne contestent pas frontalement les compétences d’Amélie de Montchalin. Elles interrogent le principe. Peut-on passer directement d’un ministère au sommet d’une institution de contrôle ? La question, répétée dans les débats, alimente la polémique.
La majorité, elle, assume. Roland Lescure insiste sur la capacité de la ministre à apporter une énergie nouvelle et à gouverner en toute indépendance. Mais le soupçon politique est désormais installé.
Au-delà des déclarations, cette séquence met en lumière une tension récurrente de la Ve République : le pouvoir de nomination du président face à l’exigence d’indépendance des contre-pouvoirs. Et à l’approche de 2027, chaque décision est scrutée avec une intensité redoublée.
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