Auditionnée ce mardi 10 février par la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Élise Lucet a répondu sans détour aux interrogations des députés.

Au cœur des échanges : les supposés frais de bouche à France Télévisions, l’usage des cartes bancaires professionnelles et, en filigrane, la question plus large de la gestion financière du service public. Face aux rumeurs persistantes, la journaliste a opposé un démenti catégorique.
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Une audition sous tension devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public
Après Laurent Delahousse et Léa Salamé, c’est au tour d’Élise Lucet de s’exprimer devant les parlementaires. La figure emblématique des magazines d’investigation de France 2, à la tête d’Envoyé spécial et de Cash Investigation, était attendue sur plusieurs points sensibles concernant le fonctionnement interne de France Télévisions.
L’audition s’inscrit dans un contexte politique marqué par une volonté de certains élus d’examiner de près les dépenses du groupe audiovisuel public. Rapidement, la question des frais de bouche et de l’usage des cartes de crédit professionnelles a été mise sur la table, notamment par la députée du Rassemblement national Caroline Parmentier.
Face aux insinuations d’abus relayées ces derniers mois, la journaliste n’a pas dissimulé son irritation. « La plupart du temps, je déjeune à la cantine de France Télévisions », a-t-elle d’abord rappelé, précisant qu’elle s’y trouvait encore le jour même de son audition.
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“C’est faux ! Archi faux !” : Élise Lucet dément les accusations
Le ton est monté lorsque les rumeurs d’utilisation abusive des cartes de crédit du groupe ont été évoquées. Élise Lucet a alors tenu à clarifier les choses avec fermeté : « J’en ai marre d’entendre qu’on utiliserait les cartes de crédit de France Télévisions pour faire n’importe quoi. C’est faux ! Archi faux ! »
Selon ses explications, les équipes disposent d’une carte dite « corporate », strictement encadrée. Son usage est limité aux déplacements professionnels, notamment lors des reportages, afin d’éviter aux journalistes et techniciens d’avancer des frais sur leurs deniers personnels.
Ce dispositif, courant dans de nombreuses entreprises, vise avant tout à simplifier la gestion administrative et à sécuriser les dépenses liées à la production éditoriale. Il ne s’agit pas, selon elle, d’un outil permettant des dépenses personnelles.
En rappelant ces éléments, la journaliste a voulu mettre un terme à ce qu’elle considère comme une confusion nuisible à l’image du service public.
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La polémique des plateaux-repas pendant le Covid
Autre point sensible abordé lors de l’audition : la période du Covid-19. Certaines rumeurs ont évoqué des « cocktails » financés par France Télévisions durant cette période sanitaire exceptionnelle.
Là encore, Élise Lucet a tenu à replacer les faits dans leur contexte. Elle a reconnu que des plateaux-repas avaient été fournis aux équipes travaillant sur les plateaux d’Envoyé spécial pendant le confinement. Mais elle a fermement contesté toute dérive.
« J’ai travaillé pendant le Covid. Je suis venue présenter Envoyé spécial. Oui, on avait un plateau-repas », a-t-elle expliqué. Les restaurants et boulangeries étant fermés, il était impossible de sortir acheter un sandwich entre deux séquences d’émission.
Elle a insisté sur la dimension purement logistique de ces repas, destinés à assurer la continuité de l’antenne dans des conditions sanitaires strictes. « Ce n’était en aucun cas des cocktails », a-t-elle martelé, dénonçant une exagération des faits.
Cette mise au point vise à rétablir une distinction claire entre des frais nécessaires au maintien de l’activité éditoriale et des dépenses de confort injustifiées.
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Une défense du fonctionnement du service public audiovisuel
Au-delà de son cas personnel, l’intervention d’Élise Lucet s’inscrit dans une défense plus large du modèle de l’audiovisuel public. Les débats autour des dépenses de France Télévisions interviennent dans un climat où le financement du service public est régulièrement questionné.
En apportant des précisions sur l’usage des cartes professionnelles et sur la nature des dépenses évoquées, la journaliste a cherché à démontrer que les procédures internes sont encadrées et contrôlées.
Son discours souligne l’existence de mécanismes de validation et de supervision financière, loin de l’image d’un système opaque parfois relayée dans le débat public.
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La question sensible de la rémunération d’Élise Lucet
L’audition a également abordé un autre sujet sensible : la rémunération de la journaliste. En 2018, Élise Lucet avait déclaré percevoir environ 25 000 euros bruts mensuels. Une information qui avait déjà suscité des réactions à l’époque.
Devant les députés, elle n’a pas confirmé explicitement ce montant, mais elle a justifié le niveau de sa rémunération. « J’ai toujours été plutôt transparente », a-t-elle rappelé.
Elle a mis en avant ses 42 années de carrière, dont 40 passées au sein de France Télévisions. Selon elle, sa rémunération correspond à son expérience, à son exposition à l’antenne et à ses responsabilités en tant que rédactrice en chef.
En d’autres termes, il s’agit d’un salaire aligné sur une trajectoire professionnelle longue et sur un poste à haute visibilité, dans un groupe audiovisuel national.
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Un contrôle par l’État et une position de salariée unique
Soucieuse de dissiper toute ambiguïté, Élise Lucet a également précisé que sa rémunération est validée par un contrôleur d’État dépendant de Bercy. Cette précision vise à rappeler que les salaires au sein de France Télévisions sont encadrés par des procédures officielles.
Elle a également insisté sur un point clé : elle n’a jamais créé de société de production extérieure. « Je suis salariée de France TV et uniquement salariée de France TV », a-t-elle affirmé.
Cette déclaration répond à une autre critique récurrente dans le secteur audiovisuel, où certains animateurs ou producteurs cumulent salariat et activités via des sociétés privées. En se positionnant comme salariée exclusive du groupe public, elle cherche à souligner la cohérence de sa situation contractuelle.
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Une prise de parole pour éteindre les soupçons
L’intervention d’Élise Lucet devant la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public apparaît comme une tentative claire de mettre fin aux rumeurs concernant les frais de bouche à France Télévisions et l’usage des cartes bancaires professionnelles.
En réaffirmant les règles encadrant les dépenses, en contextualisant les plateaux-repas du Covid et en justifiant sa rémunération, la journaliste a adopté une posture de transparence.
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Dans un contexte où le fonctionnement et le financement du service public sont régulièrement scrutés, cette audition marque une étape importante. Elle illustre la tension existante entre exigence de contrôle démocratique et nécessité de protéger l’image d’un groupe audiovisuel national.
Reste à savoir si ces explications suffiront à apaiser les critiques. Une chose est sûre : Élise Lucet a choisi la clarté et la fermeté pour répondre aux accusations, assumant pleinement son rôle de figure emblématique du service public.
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