L’onde de choc est politique, mais aussi profondément personnelle. En qualifiant Emmanuel Macron d’« enfant-roi », François Hollande ne se contente pas d’une pique de plus dans le paysage déjà saturé des règlements de comptes politiques.

Il livre un témoignage d’une rare dureté, presque intime, qui éclaire sous un jour nouveau la relation complexe entre les deux hommes. Ces propos, rapportés dans l’ouvrage Néron à l’Élysée, ont été longuement commentés sur le plateau de C à vous, révélant les blessures encore vives de l’ancien président.
Un témoignage politique au ton inédit
Rarement François Hollande s’était exprimé avec une telle virulence sur son ancien ministre de l’Économie. Dans Néron à l’Élysée, coécrit par Maurice Szafran et Nicolas Domenach, l’ex-chef de l’État livre une analyse sans concession de Emmanuel Macron, qu’il estime avoir « fait » politiquement avant d’être trahi.
L’ancien président décrit un homme qu’il juge obsédé par la mise en scène de lui-même, allant jusqu’à parler d’un narcissisme « pathologique ». Cette accusation dépasse le simple désaccord idéologique : elle s’attaque à la personnalité même du président en exercice, à sa manière d’exercer le pouvoir et de concevoir la fonction présidentielle.
Emmanuel Macron qualifié d’« enfant-roi »
L’expression « enfant-roi » n’est pas anodine. Elle renvoie à l’idée d’un pouvoir exercé sans contrepoids, nourri par l’adulation et l’absence de remise en question. Selon François Hollande, Emmanuel Macron aurait confondu le Palais de l'Élysée avec une scène de théâtre, faisant de la politique un spectacle permanent.
Ce jugement, lu à l’antenne par Anne-Élisabeth Lemoine, a frappé par sa brutalité. Il illustre une rupture totale entre les deux hommes, bien loin de la relation de confiance qui semblait les unir lors des débuts d’Emmanuel Macron au gouvernement.
La blessure de la trahison selon François Hollande
Au cœur de ce témoignage se trouve le mot trahison. Pour François Hollande, la blessure n’est pas seulement politique, elle est personnelle. Il estime avoir cru en Emmanuel Macron, l’avoir protégé et soutenu, avant de découvrir une ambition dissimulée.
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Nicolas Domenach distingue d’ailleurs deux formes de trahison : la trahison frontale et celle, plus insidieuse, de la dissimulation. C’est cette dernière que François Hollande reproche à son ancien ministre. Une attitude qu’il juge impossible à pardonner, car elle empêche toute relation de confiance durable.
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Une relation marquée par le malaise et la distance
Selon les auteurs de Néron à l’Élysée, François Hollande n’aurait jamais été totalement à l’aise avec Emmanuel Macron. Il décrit un homme distant, difficile à cerner, avec lequel il était incapable d’établir une relation franche. Ce malaise constant aurait contribué à la rupture progressive entre les deux responsables politiques.
L’ancien président confie même s’être, à certains moments, « réfugié dans les bras de Nicolas Sarkozy », une confession lourde de sens tant la rivalité entre les deux anciens chefs de l’État est connue. Cette phrase souligne à quel point la relation avec Emmanuel Macron était devenue pesante.
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Une critique jugée « terrible » mais documentée
Pour Maurice Szafran, ce témoignage est à la fois « d’une justesse terrible » et d’une « méchanceté incroyable ». Il insiste cependant sur sa valeur documentaire. Selon lui, ces paroles constituent un matériau brut essentiel pour comprendre les coulisses du pouvoir et la genèse de la présidence Macron.
Le terme « narcisse », utilisé par François Hollande pour qualifier Emmanuel Macron, oppose deux visions de l’ego en politique : l’égocentrique, qui a besoin des autres, et le narcissique, qui se suffit à lui-même. Une distinction qui en dit long sur la perception qu’a l’ancien président de son successeur.
François Hollande entre affection passée et aveuglement politique
Malgré la violence des mots, François Hollande reconnaît avoir éprouvé de l’affection pour Emmanuel Macron. Il admet même avoir été aveuglé par cette relation, notamment lorsque Michel Sapin l’alertait sur les manœuvres politiques de son ministre.
Entre 2015 et 2016, alors que Emmanuel Macron préparait discrètement sa campagne présidentielle, François Hollande aurait refusé de croire aux signes avant-coureurs de cette ambition. Ce déni renforce aujourd’hui le sentiment de trahison exprimé dans le livre.
Un livre qui relance le débat sur la présidence Macron
Publié chez Albin Michel, Néron à l’Élysée s’inscrit dans une longue tradition d’ouvrages critiques sur le pouvoir. Mais le témoignage de François Hollande lui confère une portée particulière. Il ne s’agit pas d’une analyse extérieure, mais du regard d’un homme qui a côtoyé Emmanuel Macron au sommet de l’État.
Ces révélations relancent le débat sur la personnalité du président et sur la manière dont il exerce le pouvoir. Elles interrogent aussi la responsabilité de François Hollande dans l’ascension de celui qu’il décrit aujourd’hui comme un enfant-roi.
Une fracture durable dans la vie politique française
Au-delà du choc médiatique, cette charge souligne une fracture durable dans la vie politique française. La relation entre François Hollande et Emmanuel Macron symbolise le passage de témoin entre deux générations politiques, mais aussi l’échec d’une transmission apaisée.
En livrant ce témoignage, François Hollande semble chercher à reprendre la main sur le récit de son quinquennat et sur l’héritage qu’il a laissé. Une manière, peut-être, de solder les comptes d’une relation qui n’a jamais cessé de le hanter, bien après son départ de l’Élysée.
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