Culture

Des "passeurs de temps" : pourquoi Emmanuel Macron veut faire entrer les bistrots français à l’Unesco

06 janvier 2026 - 15 : 41
par Clémence Emmanuel Macron veut faire inscrire les bistrots et cafés français au patrimoine immatériel de l’Unesco. Un plaidoyer culturel fort, qui relance aussi le débat explosif sur l’ouverture des boulangeries le 1er-Mai.

Les bistrots français font partie de ces évidences du quotidien que l’on ne regarde plus vraiment… jusqu’au jour où l’on réalise qu’ils pourraient disparaître.

Des passeurs de temps : pourquoi Emmanuel Macron veut faire entrer les bistrots français à l’Unesco

C’est précisément ce que veut éviter Emmanuel Macron, qui a plaidé début janvier pour l’inscription des cafés et bistrots français au patrimoine immatériel de l’Unesco. Une prise de position à la fois culturelle, sociale et hautement politique, qui touche au cœur de l’identité française.

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Les bistrots français, bien plus que de simples cafés

Dans l’imaginaire collectif, le bistrot n’est pas qu’un lieu où l’on boit un café ou un verre de vin. Il est un espace de vie, de débat, de transmission. On y refait le monde, on y croise toutes les générations, on y partage des habitudes qui traversent les décennies. C’est cette dimension que le chef de l’État a tenu à mettre en avant, en parlant de lieux « passeurs de temps », capables de relier les époques et les individus.

À travers cette reconnaissance par l’Unesco, il s’agirait de valoriser un savoir-faire français, fait de convivialité, de proximité et de rituels quotidiens. Le café du coin, la terrasse animée, le serveur qui connaît ses habitués… Autant d’éléments qui composent une culture vivante, fragile, et aujourd’hui menacée par la désertification des centres-villes et la hausse des coûts.

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Une démarche dans la lignée de la baguette française

L’initiative n’est pas anodine. En 2022, la baguette de tradition a déjà été inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité. Un succès symbolique qui a mis en lumière le rôle des boulangeries artisanales et leur place dans la société française. Pour Emmanuel Macron, les cafés et bistrots s’inscrivent dans cette même logique : ils vendent des produits emblématiques, participent à la vie locale et incarnent une certaine idée de la France.

Cette continuité culturelle permet aussi de rappeler que le patrimoine ne se limite pas aux monuments. Il peut être vivant, quotidien, incarné par des gestes simples et des lieux accessibles à tous. Une vision moderne du patrimoine, plus proche des Français.

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Les cafés, piliers sociaux menacés par les mutations économiques

Derrière le discours culturel se cache une réalité économique préoccupante. En quelques décennies, des milliers de bistrots ont fermé en France, notamment dans les zones rurales. L’augmentation des charges, la baisse de fréquentation et les nouvelles habitudes de consommation ont fragilisé ces établissements.

Faire reconnaître les bistrots au patrimoine immatériel de l’Unesco serait aussi un moyen de les protéger, de leur offrir une visibilité internationale et, potentiellement, des leviers de soutien. Pour beaucoup de professionnels, cette reconnaissance serait un signal fort : celui que leur rôle dépasse la simple activité commerciale.

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L’ouverture des boulangeries le 1er-Mai, un débat relancé

Lors de cette prise de parole, Emmanuel Macron a également abordé un sujet connexe mais tout aussi sensible : l’ouverture des boulangeries le 1er-Mai. Une question qui avait provoqué un vif débat au printemps dernier, lorsque plusieurs artisans avaient été contrôlés, voire sanctionnés, pour avoir fait travailler leurs salariés ce jour férié.

Le président a assumé une position pragmatique : permettre aux commerces alimentaires, notamment les boulangeries, d’ouvrir s’ils le souhaitent, à condition que les salariés soient volontaires et mieux rémunérés. Un discours qui se veut apaisant, visant à offrir une sécurité juridique aux artisans tout en respectant les droits des travailleurs.

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Une mesure soutenue mais vivement critiquée

Si le Sénat a déjà adopté un texte allant dans ce sens, la mesure reste très contestée par les syndicats et une partie de la gauche. Pour eux, le 1er-Mai doit rester un symbole intouchable des luttes sociales. À l’inverse, Emmanuel Macron insiste sur une réalité vécue par les Français : beaucoup apprécient de pouvoir acheter du muguet, du pain ou partager un repas en famille ce jour-là.

Cette opposition illustre la tension permanente entre tradition sociale et évolution des usages, un équilibre délicat que le chef de l’État tente de défendre.

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Patrimoine, travail et identité française : un même fil conducteur

En reliant la question des bistrots, des cafés, des boulangeries et du 1er-Mai, Emmanuel Macron trace une ligne cohérente : celle d’une France attachée à ses symboles, mais consciente de la nécessité de les adapter pour qu’ils survivent. L’inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco apparaît alors comme un outil de protection autant que de reconnaissance.

Au-delà de l’image, c’est une vision de la société française qui se dessine : conviviale, ancrée dans le quotidien, et soucieuse de préserver ce qui fait lien entre les individus.

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Un projet culturel à forte portée politique

Cette initiative pourrait aussi être lue comme un geste politique fort à l’approche de nouvelles échéances sociales. En valorisant les lieux de proximité, Emmanuel Macron s’adresse directement aux Français, à leurs habitudes et à leur attachement au local. Un terrain sensible, mais stratégique.

Reste désormais à savoir si cette ambition aboutira concrètement. Si elle venait à être validée, les bistrots et cafés français rejoindraient officiellement le cercle très fermé des symboles reconnus par l’Unesco, confirmant leur rôle central dans l’art de vivre à la française.

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Clémence
Je fais partie de la rédac' SBG, et j'aime écrire, sortir, m'amuser, manger (très important, ça aussi !) et partager. Je vous propose donc régulièrement de découvrir mes derniers coups de <3.