Depuis plusieurs années, Brigitte Macron était devenue la cible d’une campagne de cyberharcèlement d’une violence rare. Sur les réseaux sociaux, une rumeur persistante, transphobe et profondément diffamatoire, l’accusant d’être une femme transgenre et d’avoir commis des actes criminels, s’est installée durablement dans l’espace numérique.

Longtemps, la Première dame a choisi de se taire. Jusqu’à ce que le harcèlement franchisse un seuil jugé insupportable, l’amenant à saisir la justice à l’été 2024. Ce lundi 5 janvier, après des mois de procédure, le Tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict.
Une décision lourde de sens, à la fois pour la Première dame et pour toutes les victimes de harcèlement en ligne. Dix prévenus ont été reconnus coupables. Les peines prononcées vont du stage de sensibilisation à plusieurs mois de prison avec sursis. Une première étape judiciaire qui marque un tournant.
Un cyberharcèlement massif et organisé
La justice a retenu un ensemble de faits particulièrement graves. Messages insultants, accusations infondées, photomontages humiliants, vidéos virales de plusieurs heures : la campagne visant Brigitte Macron ne relevait pas d’un simple dérapage isolé. Elle s’est construite dans la durée, portée par des individus identifiés, relayée par des “suiveurs” et amplifiée par les algorithmes des réseaux sociaux.
Les propos examinés par le tribunal sont sans ambiguïté. Ils relèvent à la fois de la diffamation, de l’injure publique et du cyberharcèlement. Le caractère transphobe de nombreux messages a également été souligné par la juridiction, qui a rappelé que la liberté d’expression ne saurait justifier l’atteinte répétée à la dignité d’une personne.
Dix prévenus, des profils très différents
Lors du procès, tenu en octobre, dix personnes étaient poursuivies. Huit hommes et deux femmes, aux parcours hétérogènes, mais réunis par un même point commun : avoir contribué à la diffusion ou à l’amplification de la rumeur visant la Première dame.
Certains se présentaient comme de simples relais, d’autres comme des lanceurs d’alerte autoproclamés. Une ligne de défense largement rejetée par le tribunal, qui a insisté sur la responsabilité individuelle de chacun dans la propagation de contenus manifestement haineux.
La peine la plus lourde pour Zoé Sagan
Parmi les condamnés figure Zoé Sagan, de son vrai nom Aurélien Poirson-Atlan. Très actif sur X (ex-Twitter), il avait publié de nombreux messages affirmant détenir un prétendu “secret d’État”, mêlant rumeurs transphobes et accusations criminelles.
Le tribunal l’a condamné à huit mois de prison avec sursis, la peine la plus sévère du dossier. Durant l’audience, il avait maintenu ses accusations, évoquant une prétendue pédophilie “cautionnée par l’État”. Une argumentation jugée délirante et dangereuse, sans aucun fondement factuel.
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Des condamnations symboliques mais fermes
Autre figure centrale du dossier, Amandine Roy, également connue sous le nom de Delphine J., est à l’origine d’une vidéo de près de quatre heures diffusée en 2021, devenue virale. Elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis, à la suspension de ses comptes en ligne pendant six mois, ainsi qu’à un stage de sensibilisation au respect des personnes dans l’espace numérique.
Le galeriste Bertrand Scholler, auteur d’un photomontage humiliant diffusé en 2024, a lui aussi écopé de six mois avec sursis. Sa défense, fondée sur la liberté d’expression, n’a pas convaincu le tribunal, qui a rappelé les limites claires posées par la loi.
Les autres prévenus, qualifiés de “suiveurs”, ont bénéficié de sanctions plus légères. Un seul d’entre eux, ayant présenté des excuses, a échappé à une peine de prison avec sursis.
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Brigitte Macron sort du silence au JT
La veille du délibéré, Brigitte Macron avait choisi de prendre la parole publiquement. Invitée au journal de 20 heures de TF1, face à Audrey Crespo-Mara, elle avait expliqué les raisons de sa démarche judiciaire.
“Je me bats à longueur de temps pour aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne montre pas l’exemple, ça va être difficile”, avait-elle déclaré, visiblement émue mais déterminée. Avant d’ajouter cette phrase forte, devenue centrale dans l’affaire : “On ne touche pas à ma généalogie. On ne joue pas avec ça.”
L’impact intime d’une violence publique
À l’audience, les conséquences personnelles de cette campagne de haine ont été longuement évoquées. Tiphaine Auzière, fille de la Première dame, a décrit une réalité souvent invisible : une dégradation progressive des conditions de vie, une vigilance permanente, une adaptation constante aux menaces et aux rumeurs.
Ce témoignage a pesé dans la décision du tribunal, qui a reconnu l’impact psychologique et matériel du cyberharcèlement, y compris pour les proches de la victime. Une reconnaissance essentielle, alors que de nombreuses affaires similaires peinent encore à aboutir.
Un verdict au-delà du cas Brigitte Macron
Si cette décision concerne directement Brigitte Macron, sa portée dépasse largement le cadre de la Première dame. Le tribunal a adressé un message clair : les campagnes de haine en ligne, même déguisées en “enquête citoyenne” ou en “liberté d’expression”, peuvent et doivent être sanctionnées.
À l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la diffusion de l’information – et de la désinformation – ce verdict pourrait faire jurisprudence. Il rappelle que la responsabilité pénale ne s’arrête pas derrière un pseudonyme ou un écran.
Une procédure encore en cours à l’international
L’affaire n’est toutefois pas totalement close. Une autre procédure est toujours en cours aux États-Unis, visant des relais de cette rumeur hors de France. Un volet international qui montre à quel point le cyberharcèlement dépasse les frontières et pose des défis juridiques complexes.
Pour Brigitte Macron, ce combat judiciaire s’inscrit dans une démarche plus large, tournée vers la prévention et la protection des victimes, notamment les plus jeunes. Une bataille longue, éprouvante, mais désormais soutenue par une décision judiciaire forte.
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