Dans le dossier visant Sophia Chikirou, tout ne se joue pas seulement autour d’un montant. Certes, les plus de 67 000 euros évoqués dans l’affaire attirent immédiatement l’attention. Mais un autre élément pèse lourd : la manière dont la banque aurait réagi face à la demande de virement.

La députée LFI comparaît ce mardi 12 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie dans une affaire liée au Média, site d’actualité qu’elle avait cofondé. L’accusation lui reproche d’avoir tenté de faire transférer des fonds vers Mediascop, sa société de conseil en communication, alors qu’elle n’aurait plus dirigé la structure concernée.
Selon les éléments poursuivis, le chargé de compte se serait méfié de l’opération. Le virement n’aurait pas abouti, notamment en raison d’un solde insuffisant. La nouvelle présidente du Média aurait également fait opposition, ce qui aurait contribué à bloquer la démarche. C’est cette succession de signaux qui donne au dossier sa dimension judiciaire.
Pour l’accusation, le fait que l’argent n’ait pas été versé ne suffit pas à écarter l’infraction. Elle estime qu’il y aurait eu un commencement d’exécution, c’est-à-dire une action engagée qui pourrait relever d’une tentative d’escroquerie. Le tribunal devra donc se pencher sur l’intention présumée et sur la qualité sous laquelle Sophia Chikirou aurait agi.
La défense, elle, rejette cette lecture. Sophia Chikirou affirme qu’il n’y a eu ni tentative d’escroquerie, ni vol de chèque. Elle défend l’idée d’un conflit commercial ancien, dans lequel aucune victime ni aucun préjudice ne seraient établis. Ce point sera probablement l’un des grands axes de l’audience.
L’affaire est d’autant plus suivie que la députée est une personnalité politique très exposée. Ancienne communicante de Jean-Luc Mélenchon, elle a longtemps été associée à la stratégie médiatique de La France insoumise. Son nom suffit donc à donner à ce procès une portée politique immédiate, même si l’audience porte d’abord sur des faits bancaires et commerciaux précis.
Ce détail bancaire est finalement l’un des nœuds du dossier. Il transforme une opération non aboutie en débat judiciaire sur l’intention, la représentation et la légitimité à agir au nom d’une société. Pour Sophia Chikirou, l’enjeu est de convaincre que cette lecture pénale ne tient pas. Pour l’accusation, il s’agit au contraire de démontrer que l’opération bloquée révélait bien une manœuvre frauduleuse.
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