Dans l’affaire des statuettes reçues par Dominique de Villepin, un chiffre a tout de suite marqué les esprits : 125 000 euros. Il correspond à la valeur totale avancée pour deux statuettes de Napoléon, l’une estimée à 75 000 euros, l’autre à 50 000 euros. À lui seul, ce montant suffit à faire basculer l’histoire dans une autre dimension.

Car un cadeau à plusieurs dizaines de milliers d’euros n’est jamais perçu comme un simple présent. Lorsqu’il concerne un ancien ministre des Affaires étrangères, devenu ensuite Premier ministre, la question devient immédiatement politique. Qui a payé ? Pourquoi ces objets ont-ils été offerts ? Leur valeur était-elle connue ? Et pourquoi ont-ils été rendus seulement maintenant au Quai d’Orsay ?
L’entourage de Dominique de Villepin conteste toutefois les montants initialement avancés. Selon lui, la valeur réelle des statuettes serait quatre à cinq fois inférieure. Une expertise aurait évalué l’une entre 18 000 et 20 000 euros, et l’autre entre 10 000 et 12 000 euros. Cette différence est majeure, car elle cherche à réduire l’effet spectaculaire du chiffre de départ.
Mais politiquement, la nuance est compliquée. Même si les objets valent moins que les 125 000 euros évoqués, ils restent coûteux. Ils ne relèvent pas du souvenir protocolaire banal ou du cadeau symbolique. Ils conservent une valeur suffisamment importante pour faire naître des interrogations sur leur conservation et leur provenance.
Le rôle de Robert Bourgi ajoute encore à la gêne. Il affirme avoir servi d’intermédiaire dans la remise des deux statuettes. Selon lui, elles auraient été financées par Blaise Compaoré et Gian Angelo Perrucci. Dominique de Villepin assure pour sa part qu’il pensait que les cadeaux venaient de Robert Bourgi et qu’il ne connaissait pas leur origine réelle.
C’est là que le chiffre devient politique. Plus la valeur est élevée, plus l’argument de l’ignorance paraît difficile à faire accepter dans l’opinion. Un cadeau précieux appelle naturellement plus de vigilance qu’un présent ordinaire. Même si Dominique de Villepin affirme ne pas avoir su qui avait payé, le montant nourrit la perception d’une affaire sensible.
En rendant les statuettes au Quai d’Orsay, l’ancien Premier ministre tente de clore la séquence. Mais le débat sur leur valeur risque de rester au centre du récit. Car dans une polémique, le premier chiffre entendu est souvent celui qui reste. Et pour Dominique de Villepin, ces 125 000 euros contestés sont déjà devenus le symbole le plus encombrant de l’affaire.
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