À Nice, la prise de fonction d’Éric Ciotti le 29 mars 2026 ne s’est pas déroulée exactement comme prévu. Une semaine après sa victoire face à Christian Estrosi, le nouveau maire a officiellement endossé son rôle lors d’une cérémonie symbolique, marquée par un geste fort : confier à Franck Terrier, figure locale connue pour son intervention lors de l’attentat du 14 juillet 2016, le soin de lui remettre l’écharpe tricolore. Mais ce moment, censé incarner une transition politique et un hommage, a été accompagné d’un détail qui n’est pas passé inaperçu.

L’écharpe tricolore a été placée sur l’épaule gauche, alors que le protocole impose qu’elle soit portée de l’épaule droite vers la hanche gauche, avec le bleu près du col. Sur le moment, peu de personnes semblent avoir relevé cette inversion, mais ce type d’erreur ne passe jamais totalement inaperçu dans un cadre officiel. L’écharpe n’est pas un simple accessoire : elle symbolise l’autorité du maire et son lien avec la République, ce qui explique la vigilance particulière autour de sa mise en place.
Ce n’est qu’un peu plus tard que la situation a été corrigée. Selon les éléments disponibles, Éric Ciotti aurait ajusté lui-même son écharpe environ une heure après le début de la cérémonie, rétablissant ainsi la position conforme au protocole. Mais entre-temps, le détail avait déjà été remarqué, notamment par les membres de l’opposition municipale. Et c’est lors du premier conseil municipal que la remarque a pris une dimension publique.
Philippe Pradal, ancien premier adjoint de Christian Estrosi et désormais membre du groupe d’opposition « Tous pour Nice », n’a pas manqué de souligner cet épisode avec une formule précise. « Notre position pour cette mandature sera celle de la vigilance collective, y compris en matière de protocole, et je me réjouis, Monsieur le maire, que, depuis quelques instants, vous portiez votre écharpe sur la bonne épaule », a-t-il déclaré devant l’assemblée. Cette intervention, prononcée dans un contexte officiel, a immédiatement donné le ton des échanges à venir.
Au-delà de la remarque, cette séquence illustre la manière dont chaque détail peut être scruté lors d’un changement de majorité. Après dix-huit ans de mandat, Christian Estrosi laisse place à une nouvelle équipe dirigée par Éric Ciotti, élu sous l’étiquette Union des droites pour la République. Dans ce contexte, l’opposition cherche à affirmer sa présence et à montrer qu’elle sera attentive à chaque aspect de la gestion municipale, y compris les plus symboliques.
Ce type d’incident, même mineur, prend une dimension particulière dans les premières heures d’un mandat. Il ne s’agit pas seulement d’une question de protocole, mais aussi d’image et de crédibilité. Dans une ville comme Nice, où la vie politique est particulièrement suivie, chaque geste est analysé, commenté et parfois utilisé comme un signal.
Pour Éric Ciotti, cette séquence marque un début de mandat sous observation. Si l’erreur a été corrigée rapidement, elle restera comme un moment marquant de son investiture, rappelant que les symboles républicains obéissent à des règles précises. Et surtout, elle montre que l’opposition est déjà prête à intervenir publiquement, dès le moindre détail.
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