Dès 6 heures du matin, le ton était donné à Nantes. Sur le pont de Bellevue, à l’est de la ville, une trentaine de camions et de fourgons se sont immobilisés, ralentissant fortement la circulation dans les deux sens. L’opération escargot, menée à l’appel de l’Organisation des transporteurs routiers européens, visait à frapper fort dès les premières heures de la journée pour se faire entendre.

Sur les pare-brise, une phrase résume tout : “Bientôt le plein à crédit ?”. Derrière ce slogan, une réalité économique devenue insupportable pour ces professionnels. Le carburant, qui représente une part essentielle de leurs dépenses, a vu son coût exploser en quelques semaines, mettant en péril l’équilibre financier de nombreuses entreprises.
Stéphane Cauchy, secrétaire général de l’organisation dans les Pays de la Loire, ne cache pas son exaspération. Il explique que les routiers ont décidé de passer à l’action faute de réponse jugée suffisante. Selon lui, les aides annoncées ne correspondent pas à la réalité du terrain, notamment parce qu’elles ciblent uniquement certaines entreprises. Au fil de la matinée, le nombre de véhicules mobilisés devait atteindre une cinquantaine. Une montée en puissance progressive, signe que la colère ne faiblit pas, bien au contraire. Les ralentissements ont rapidement impacté les automobilistes, pris dans un trafic dense et inhabituel à cette heure-là.
Ce mouvement à Nantes ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs jours, des actions similaires ont été observées dans différentes régions. Samedi déjà, en Isère, sur l’autoroute A7 au niveau de Chasse-sur-Rhône, des routiers avaient bloqué la circulation. Lundi, c’est le périphérique parisien qui avait été perturbé par des rassemblements. Pour beaucoup, la situation est devenue intenable. Ludovic Deshoux, dirigeant d’une entreprise de transport en Vendée, explique que sa facture de carburant a augmenté d’un tiers depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Une hausse qu’il juge impossible à absorber sur la durée sans mettre en danger son activité.
La mobilisation de Nantes s’inscrit donc dans un mouvement national qui pourrait encore s’amplifier. Des actions sont déjà annoncées en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie et en Bretagne dans les jours à venir. Autant de signaux qui montrent que le secteur du transport est en train de basculer dans une crise majeure. En toile de fond, c’est toute l’économie qui pourrait être impactée. Car lorsque les camions ralentissent ou s’arrêtent, ce sont les chaînes d’approvisionnement qui se retrouvent fragilisées. Et les conséquences pourraient rapidement se faire sentir bien au-delà du secteur du transport.
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