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« Si on continue, on va disparaître » : la phrase qui a glacé les écologistes après une nuit de défaites

30 mars 2026 - 13 : 35
par Laura Après la déroute des écologistes aux municipales, Marine Tondelier tente de contenir la crise. Défaites, tensions internes et stratégie contestée.

La nuit électorale a été longue, très longue, pour les écologistes. À mesure que les résultats des municipales tombaient, une réalité s’imposait avec brutalité : la vague verte de 2020 s’est effondrée. Derrière les écrans, Marine Tondelier a suivi minute par minute la carte électorale se transformer, les villes basculer, les bastions tomber les uns après les autres, jusqu’à ce constat difficile à contourner.

Si on continue, on va disparaître : la phrase qui a glacé les écologistes après une nuit de défaites

Bordeaux, Poitiers, Annecy, Bègles… autant de symboles d’un cycle politique qui semble désormais refermé. Dans ces territoires, les équipes écologistes ont été battues, parfois largement, souvent au profit de la droite, signe d’un retournement profond. Même les espoirs de conquête à Brest ou Lorient ont été balayés, accentuant l’impression d’une dynamique complètement inversée par rapport à il y a six ans.

Face à cette séquence, Marine Tondelier a tenté de maintenir un discours nuancé, reconnaissant certaines défaites tout en pointant d’autres facteurs. Elle évoque notamment les tensions internes à la gauche, le manque de visibilité de certains élus sur les réseaux sociaux, mais aussi ce qu’elle décrit comme un écolo-bashing venu de la droite et de l’extrême droite. Une manière de déplacer le regard, qui ne convainc pas tout le monde en interne.

Car dans les coulisses, les critiques sont nombreuses. Plusieurs figures du parti estiment que le moment exige une remise en question plus franche. Le député Jérémie Iordanoff a résumé cette inquiétude en des termes particulièrement directs : si rien ne change, le parti pourrait disparaître du paysage politique dans les prochaines années. Une déclaration qui a marqué les esprits, tant elle tranche avec le discours officiel plus mesuré.

Ce malaise s’explique aussi par la comparaison avec 2020. À l’époque, les écologistes apparaissaient comme une force montante, capable de capter une partie de l’électorat urbain et jeune, portée par l’urgence climatique. Aujourd’hui, cette image semble s’être fissurée. Dans certaines villes, l’étiquette écologiste n’est plus perçue comme un atout, mais comme un handicap.

L’analyse de François Kraus va dans ce sens. Selon lui, une part importante des électeurs qui avaient choisi un maire écologiste en 2020 regrettent aujourd’hui ce vote. Un phénomène rare pour un parti qui n’est pas associé au pouvoir national, et qui traduit un véritable vote sanction.

Dans ce contexte, la stratégie de rassemblement à gauche est également remise en cause. Les alliances avec La France insoumise, notamment entre les deux tours, sont accusées par certains d’avoir éloigné l’électorat modéré. Yannick Jadot a lui-même évoqué un « immense gâchis », appelant à repenser en profondeur la ligne politique du parti.

Malgré tout, quelques points d’appui subsistent. Lyon, Grenoble ou Tours restent des bastions solides, et certaines villes populaires comme Villepinte ou Bagnolet ont été conquises. Mais ces victoires apparaissent insuffisantes pour masquer l’ampleur du recul.

Désormais, une question s’impose : comment rebondir après une telle séquence ? Entre nécessité de clarification stratégique, tensions internes et perte de repères, les écologistes entrent dans une période décisive. La primaire prévue à l’automne pourrait bien devenir un moment charnière pour redéfinir leur avenir.

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Laura
Je suis gourmande, susceptible et râleuse (surtout quand on veut goûter mon dessert). Mais à part ça, je ne mords pas, je vous jure !