Gabriel Attal ne se contente pas de parler de rassemblement, il commence déjà à en dessiner les contours très concrets. En annonçant la création d’un « comité de liaison » entre Renaissance, le MoDem et Horizons, il pose les bases d’une organisation politique structurée, pensée pour durer jusqu’à l’échéance présidentielle de 2027.

Ces trois partis ont gouverné ensemble entre 2017 et 2024, et cette expérience commune sert aujourd’hui de point d’appui pour relancer une dynamique collective. Attal mise clairement sur la continuité et la cohérence pour construire un bloc solide.
Ce choix n’est pas anodin. Dans un paysage politique marqué par les divisions et les recompositions, s’appuyer sur des partenaires déjà éprouvés permet de sécuriser une base stable. Le « comité de liaison » doit justement servir à coordonner les actions, harmoniser les positions et préparer les échéances à venir. Il s’agit d’éviter les désaccords publics et de présenter un front uni, capable de peser face à des oppositions parfois plus fragmentées mais aussi plus radicales dans leurs positions.
Mais cette stratégie ne se limite pas à un cercle restreint. Gabriel Attal se dit « pragmatique » et laisse la porte ouverte à d’autres forces politiques, à condition qu’elles partagent certaines « priorités » et « valeurs ». Il évoque notamment le Parti socialiste et Les Républicains, qu’il appelle à « clarifier leur ligne ». Cette invitation, en apparence ouverte, est en réalité très encadrée : il ne s’agit pas d’un rassemblement à tout prix, mais d’une convergence autour d’un projet politique précis.
Dans cette logique, Attal insiste sur l’importance des projets. « On attend de voir les projets de chacun pendant cette campagne », explique-t-il, soulignant que ce sont les propositions concrètes qui détermineront les alliances possibles. Cette approche vise à éviter les accords de circonstance et à privilégier une logique programmatique. Elle permet aussi de se positionner comme un acteur sérieux, attaché à la cohérence plutôt qu’aux calculs électoraux à court terme.
Le contexte des élections municipales joue un rôle clé dans cette stratégie. Les résultats ont fragilisé certains partis et ouvert de nouvelles perspectives. Attal en profite pour relancer l’idée d’un rassemblement, tout en posant des conditions claires. En appelant les autres formations à se positionner, il cherche à accélérer les recompositions et à éviter les situations d’attente. Cette dynamique pourrait lui permettre de prendre une longueur d’avance dans la préparation de 2027.
La création du comité de liaison est donc à la fois un outil organisationnel et un signal politique. Elle montre que le camp présidentiel ne se contente pas de réagir aux événements, mais qu’il cherche à anticiper et à structurer son action. En mettant en place ce dispositif, Attal envoie un message de sérieux et de préparation, tout en affirmant sa volonté de rassembler.
Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits. Le succès d’un tel rassemblement dépendra de nombreux facteurs, notamment de la capacité des différents partis à dépasser leurs divergences et à construire un projet commun. Mais une chose est certaine : en posant ces premières pierres, Gabriel Attal s’inscrit déjà dans la course à 2027, avec une ambition clairement affichée.
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