La déclaration est claire, directe, et elle intervient à un moment particulièrement stratégique. Philippe Grangeon, cofondateur d’En Marche ! et ancien conseiller spécial d’Emmanuel Macron, a affirmé qu’il ne voterait pas pour Rachida Dati lors du second tour de l’élection municipale à Paris. Une prise de position qui surprend par sa fermeté, alors que la candidate bénéficie du soutien affiché du chef de l’État.

Dans ses propos, Philippe Grangeon ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Il explique qu’il ne partage ni le projet ni les valeurs de Rachida Dati, une divergence politique assumée qui le conduit à faire un choix différent de celui porté par l’exécutif. Mais au-delà de cette opposition de fond, c’est surtout le contexte politique entourant la candidature de Rachida Dati qui semble peser dans sa décision.
Il évoque en particulier le positionnement du Rassemblement national, dont le président Jordan Bardella a déclaré qu’il voterait « à titre personnel » pour Rachida Dati. Pour Philippe Grangeon, cette situation contribue à installer l’idée que la candidate est désormais soutenue par l’extrême droite, une évolution qu’il refuse d’accompagner. Cette analyse éclaire le sens de sa décision et souligne les enjeux symboliques de cette élection.
Ce choix s’inscrit également dans une critique plus large de la stratégie adoptée entre les deux tours. Philippe Grangeon désapprouve la fusion entre la liste Horizons-Renaissance menée par Pierre-Yves Bournazel et celle de Rachida Dati. Lui-même engagé aux côtés de Bournazel au premier tour, il voit dans cette alliance une rupture avec la ligne initiale. Il salue néanmoins la décision de Bournazel de ne pas figurer sur la nouvelle liste, y voyant un geste cohérent avec ses convictions.
Dans ce contexte, Philippe Grangeon annonce qu’il votera pour Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors La France insoumise. Il insiste sur le fait que ce dernier a refusé toute alliance avec LFI, ce qui correspond à ses propres critères politiques. Ce positionnement illustre une volonté de privilégier certaines lignes rouges, même au prix d’un éloignement avec la stratégie présidentielle.
Cette prise de distance publique intervient à un moment clé de la campagne, où les électeurs cherchent à se positionner face à des choix parfois complexes. Elle met en lumière les tensions internes au sein du camp présidentiel et les interrogations sur les alliances politiques en cours.
En s’exprimant de manière aussi explicite, Philippe Grangeon apporte un éclairage supplémentaire sur les enjeux du scrutin parisien. Son intervention rappelle que, derrière les stratégies nationales, les décisions individuelles peuvent encore peser dans le débat et influencer les dynamiques électorales.
Découvrez maintenant Municipales à Paris : combien gagnera le prochain maire ? Le salaire exact révélé et “Vous êtes totalement tarée” : Marine Tondelier insultée en direct sur BFMTV, la séquence qui choque en pleine soirée électorale
Lire aussi : Municipales à Paris : des bulletins de vote inversés signalés dans plusieurs arrondissements par LFI