Rachida Dati a choisi de ne plus contourner le sujet et de s’adresser frontalement aux électeurs de Sarah Knafo, estimés à plus de 80 000 à Paris, en assumant clairement des points de convergence avec eux. Lors de son intervention sur CNews et Europe 1, la candidate Les Républicains a expliqué qu’elle les rencontrait sur le terrain, qu’elle entendait leurs attentes et qu’elle leur demandait explicitement de lui faire confiance pour la suite.

Cette prise de position marque une inflexion stratégique majeure, puisqu’elle consiste à capter un électorat jusqu’ici éloigné de la droite classique, tout en revendiquant des priorités communes autour de la sécurité, de la propreté et de la maîtrise des dépenses publiques.
Dans son discours, Rachida Dati insiste sur le fait que ces électeurs expriment des préoccupations concrètes, notamment en matière de régalien et de gestion budgétaire, des thèmes qu’elle affirme vouloir porter avec fermeté. Elle évoque également la nécessité de réduire la dette et de remettre de l’ordre dans les politiques publiques parisiennes, en promettant des décisions rapides et visibles. Cette approche vise à apparaître comme une candidate capable de rassembler au-delà des clivages traditionnels, tout en se positionnant comme une alternative crédible à la majorité municipale actuelle.
En parallèle, Rachida Dati n’a pas hésité à attaquer frontalement Emmanuel Grégoire, qu’elle accuse de ne pas assumer le bilan d’Anne Hidalgo. Elle décrit une capitale confrontée à une délinquance en hausse, à une saleté croissante et à un espace public qu’elle qualifie de chaotique. Elle met également en avant le dossier du périscolaire, dénonçant ce qu’elle considère comme un manque de priorité accordée à la sécurité des enfants lorsque son adversaire était en charge des ressources humaines à la mairie de Paris.
Sur ce point, la candidate promet une refonte complète du système, avec un recrutement des animateurs entièrement repensé et une nouvelle organisation du périscolaire. Elle présente cette réforme comme un levier essentiel pour restaurer la confiance des familles et garantir des conditions d’accueil sécurisées pour les enfants. Cette promesse s’inscrit dans une vision plus large de remise à plat des politiques municipales, qu’elle juge inefficaces ou déconnectées des attentes des habitants.
Rachida Dati s’oppose également fermement à la proposition d’Emmanuel Grégoire d’atteindre 40 % de logements sociaux à Paris, qu’elle critique en des termes particulièrement forts. Elle accuse son adversaire de vouloir transformer la capitale en une ville “ghetto” et de favoriser une forme de polarisation sociale. À l’inverse, elle défend une politique de logement qui donnerait la priorité aux travailleurs, tout en cherchant à rééquilibrer l’offre pour éviter les déséquilibres territoriaux.
Enfin, elle aborde la question de l’hébergement d’urgence, affirmant qu’il serait occupé à 50 % par des sans-papiers, dont une majorité sous obligation de quitter le territoire français. Elle évoque des situations préoccupantes dans le nord et l’est de Paris, parlant de “zones de non-droit” et de “zones séparatistes” qui auraient, selon elle, déjà fait sécession avec la République. Ces déclarations, particulièrement fortes, s’inscrivent dans une stratégie visant à alerter sur l’état de la capitale et à justifier des mesures qu’elle promet plus fermes.
À travers cette prise de parole, Rachida Dati construit un positionnement clair : celui d’une candidate capable de rassembler des électeurs venus d’horizons différents, tout en assumant des lignes politiques marquées sur les questions de sécurité, de gestion et d’ordre public. Une stratégie qui pourrait bien rebattre les cartes dans la campagne parisienne.
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