Au lendemain du premier tour des élections municipales, le climat politique s’est brusquement tendu. Le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a revendiqué une percée significative de son parti en affirmant que le RN avait déjà remporté 24 communes et se trouvait en tête dans 60 autres. Dans ce contexte, il a lancé un appel direct aux électeurs des Républicains afin qu’ils se rallient au RN au second tour.

Selon Sébastien Chenu, la situation politique dans plusieurs grandes villes pourrait basculer dans les prochains jours. Il explique que dans de nombreuses communes, la gauche pourrait l’emporter si la droite reste divisée. C’est pour cette raison qu’il évoque ce qu’il appelle un « vote utile », estimant que le RN serait aujourd’hui le seul capable de faire barrage à la gauche et à l’extrême gauche.
Cette stratégie vise notamment certaines villes emblématiques du scrutin municipal. Sébastien Chenu cite Marseille, Nîmes, Carcassonne, Toulon, Agde, Valenciennes ou encore Douai comme des territoires où la configuration électorale pourrait permettre à la gauche de l’emporter si les forces de droite ne se regroupent pas. Dans ces villes, le RN se présente comme une alternative susceptible de fédérer une partie de l’électorat traditionnellement proche des Républicains.
La situation à Marseille est particulièrement évoquée par le vice-président du RN. Dans la cité phocéenne, le maire sortant Benoît Payan arrive largement en tête, suivi par le candidat du RN Franck Allisio. La candidate des Républicains Martine Vassal se retrouve plus loin dans les résultats. Sébastien Chenu estime que si cette dernière se maintient au second tour, elle pourrait porter une « lourde responsabilité » en facilitant la réélection du maire sortant.
Dans cette optique, le Rassemblement national affirme vouloir tendre la main à certaines listes concurrentes. Sébastien Chenu parle d’une stratégie menée « au cas par cas » selon les villes et les équilibres politiques locaux. L’objectif affiché est de construire des configurations électorales capables de battre la gauche dans plusieurs municipalités importantes.
Mais cette ouverture n’est pas généralisée. À Lyon par exemple, Sébastien Chenu s’est montré particulièrement critique envers Jean-Michel Aulas, candidat soutenu par la droite et le centre. Celui-ci se retrouve au coude-à-coude avec le maire écologiste sortant Grégory Doucet. Le vice-président du RN a ironisé en affirmant que la meilleure manière pour Jean-Michel Aulas d’empêcher la réélection de Grégory Doucet serait « de ne pas faire campagne ».
Ces déclarations illustrent la stratégie du Rassemblement national pour le second tour. Le parti cherche à capitaliser sur ses scores du premier tour tout en tentant d’attirer une partie de l’électorat de droite. Dans plusieurs villes, l’enjeu sera désormais de savoir si cet appel au « vote utile » sera entendu par les électeurs concernés.
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