La soirée électorale des municipales 2026 sur franceinfo semblait suivre son cours habituel lorsque les téléspectateurs ont entendu une phrase qui n’était manifestement pas destinée à être diffusée. Sur le plateau, Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique reconnue du service public, discute de la situation d’Éric Ciotti, ancien patron des Républicains désormais soutenu par le Rassemblement national, arrivé largement en tête à Nice. Pensant que son micro est coupé, elle lâche alors quelques mots qui vont immédiatement provoquer une tempête médiatique : « Alias Benito ».

La phrase est captée en direct par les micros du plateau. En quelques minutes, la séquence commence à circuler sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions. Pour certains internautes, la remarque constitue une attaque personnelle contre Éric Ciotti. Pour d’autres, elle soulève la question du devoir de neutralité des journalistes travaillant pour le service public.
Face à la polémique qui enfle, franceinfo réagit rapidement. La chaîne publie un message d’excuses sur le réseau social X, expliquant qu’un « propos inapproprié et déplacé » a été prononcé par une journaliste de la rédaction de France Télévisions. Cette prise de parole vise à désamorcer la controverse qui commence à prendre de l’ampleur. Quelques minutes plus tard, Nathalie Saint-Cricq intervient elle-même à l’antenne pour présenter ses excuses. Elle reconnaît avoir commis une erreur et parle d’un « manque de discernement ». Les images montrent une journaliste concentrée, lisant un texte qu’elle a manifestement préparé pour clarifier sa position.
Mais la soirée électorale ne s’arrête pas là. Un autre moment capté par les micros du plateau va susciter de nouvelles critiques. Alors que le plateau attend le discours de Manuel Bompard, dirigeant de La France insoumise, Nathalie Saint-Cricq aperçoit Imane Hamel, cadre du parti. Pensant encore une fois ne pas être à l’antenne, elle lance : « C’est qui la petite ? »
La phrase est entendue par les téléspectateurs et provoque immédiatement la colère de certains responsables politiques proches de La France insoumise. L’incident met en lumière un problème technique sur le plateau : la gestion des micros et des retours sonores qui ont laissé passer des conversations censées rester hors antenne. Dans les coulisses de France Télévisions, la situation est jugée suffisamment sérieuse pour nécessiter une réaction rapide. La direction du groupe, dirigée par Delphine Ernotte, souhaite éviter que la polémique ne prenne encore plus d’ampleur.
La décision est finalement prise par Philippe Corbé, récemment nommé à la tête de l’information du groupe. Il choisit de suspendre Nathalie Saint-Cricq pendant une semaine. Cette sanction signifie qu’elle ne participera pas à la couverture du second tour des municipales, un rendez-vous pourtant central pour les journalistes politiques. Pour Nathalie Saint-Cricq, cette suspension constitue un moment inédit dans une carrière de plus de vingt ans au sein du service public. À 64 ans, elle est l’une des éditorialistes politiques les plus connues de la télévision française.
L’incident rappelle aussi une réalité bien connue des professionnels de la télévision : un micro resté ouvert peut transformer une simple conversation en polémique nationale. Dans un contexte politique particulièrement sensible, chaque mot prononcé à proximité d’un micro peut être entendu par des millions de téléspectateurs. La séquence restera probablement comme l’un des moments les plus commentés de cette soirée électorale des municipales 2026, illustrant la pression permanente qui entoure les émissions politiques diffusées en direct.
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