La bataille politique qui vient de se jouer à Saint-Denis restera comme l’un des affrontements les plus marquants de ces élections municipales. Dans cette ville emblématique de Seine-Saint-Denis, le candidat Bally Bagayoko, soutenu par La France insoumise et allié au Parti communiste, a réussi à battre dès le premier tour le maire sortant Mathieu Hanotin, figure du Parti socialiste.

Cette victoire représente bien plus qu’un simple changement de maire. Elle marque la première grande conquête municipale de La France insoumise dans ces élections, et elle intervient dans une ville particulièrement symbolique pour la gauche française. Saint-Denis a longtemps été un bastion communiste avant de passer sous contrôle socialiste en 2020.
C’est justement cette alternance de 2020 qui avait porté Mathieu Hanotin à la mairie. À l’époque, le socialiste avait mis fin à soixante-quinze ans de domination communiste, provoquant un séisme politique local. Pendant plusieurs années, il est devenu l’un des responsables politiques les plus influents du département de Seine-Saint-Denis.
La campagne qui vient de s’achever a pourtant montré que son mandat restait contesté par une partie de la gauche radicale. Bally Bagayoko s’est présenté comme l’incarnation d’une nouvelle orientation politique pour la ville, soutenu par La France insoumise et le Parti communiste, deux forces qui ont décidé de faire front commun contre le maire sortant. Les tensions ont été extrêmement fortes pendant toute la campagne. Les équipes des deux candidats se sont livrées à une série d’accusations mutuelles qui ont parfois donné l’impression d’une guerre politique ouverte. Les proches de Bally Bagayoko ont accusé la municipalité d’utiliser les moyens de la mairie pour influencer la campagne.
L’entourage de Mathieu Hanotin a rejeté ces accusations et a contre-attaqué. Le camp du maire sortant a dénoncé des actions illégales pendant la campagne, évoquant notamment l’arrachage systématique d’affiches électorales et des menaces proférées contre certains militants. Dans ce climat très conflictuel, le résultat du scrutin a finalement tranché le duel. Bally Bagayoko arrive largement en tête et l’emporte dès le premier tour, tandis que Mathieu Hanotin recueille environ 33 % des suffrages. Derrière eux, la candidate d’extrême gauche Elsa Marcel dépasse légèrement les 7 %.
La victoire de Bally Bagayoko lui permet de prendre la tête d’une ville qui joue un rôle majeur dans la région parisienne. Saint-Denis est en effet la deuxième plus grande ville d’Île-de-France, derrière Paris, et un territoire où les enjeux sociaux et politiques sont particulièrement importants. Dans ses premières déclarations, le nouveau maire a expliqué que ce résultat démontrait selon lui que la stratégie politique de La France insoumise pouvait convaincre dans les villes populaires. Il a également insisté sur la diversité culturelle de la commune, qui compte près de 150 nationalités différentes.
L’une des premières décisions de la nouvelle équipe municipale pourrait concerner la fusion entre Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine, entrée en vigueur en 2025. Bally Bagayoko a indiqué qu’il souhaitait consulter les habitants afin de savoir s’ils souhaitent maintenir cette fusion ou revenir à l’ancienne organisation territoriale. La victoire du candidat soutenu par LFI ouvre donc une nouvelle phase politique pour Saint-Denis. Dans un département où les équilibres politiques évoluent rapidement, ce résultat pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la commune.
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