Six ans après la spectaculaire « vague verte » qui avait porté les écologistes à la tête de plusieurs grandes villes françaises, la soirée électorale du premier tour des municipales a pris une tournure bien plus incertaine pour nombre d’entre eux. Dans plusieurs métropoles où les maires écologistes gouvernent depuis 2020, les résultats montrent un paysage politique bouleversé, avec des candidats de droite, du centre ou de gauche traditionnelle capables de les mettre en difficulté, parfois très nettement.

À Besançon, la maire sortante Anne Vignot a vécu une soirée particulièrement délicate. Élue en 2020 dans un contexte politique marqué par la progression des écologistes, elle n’est arrivée qu’en deuxième position lors de ce premier tour avec 33,37 % des voix. Elle est devancée par Ludovic Fagaut, candidat Les Républicains soutenu par le MoDem, qui obtient 40,13 % des suffrages. Cet écart de près de sept points place le candidat de droite dans une position favorable pour le second tour et montre à quel point la dynamique électorale peut évoluer en seulement quelques années.
À Strasbourg, la situation est encore plus fragile pour la maire écologiste Jeanne Barseghian. Élue en 2020 dans une ville symbolique pour les Verts, elle n’arrive cette fois qu’en troisième position avec 19,3 % des voix selon des résultats partiels. Elle est devancée par l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, qui obtient environ 26 %, et par le candidat Les Républicains Jean-Philippe Vetter, autour de 24 %. Cette configuration à trois blocs pourrait rendre le second tour particulièrement imprévisible dans la capitale alsacienne.
Dans d’autres villes, les écologistes parviennent néanmoins à rester en tête, même si la situation reste fragile. À Poitiers par exemple, la maire sortante Léonore Moncond’huy arrive en première position avec 28,3 % des voix. Mais la configuration électorale est extrêmement ouverte : jusqu’à six listes pourraient se maintenir au second tour, ce qui pourrait profondément rebattre les cartes et rendre l’issue finale difficile à anticiper.
La situation est tout aussi serrée à Bordeaux. Le maire écologiste Pierre Hurmic, qui dirige la ville depuis 2020, est arrivé en tête du premier tour avec 27,68 % des voix. Mais son avance est faible, puisqu’il devance de seulement deux points le député macroniste Thomas Cazenave, crédité de 25,58 %. Dans cette triangulaire potentielle, l’économiste Philippe Dessertine, troisième avec 20,16 %, pourrait également jouer un rôle décisif dans la recomposition du second tour.
Ces résultats montrent à quel point le paysage politique municipal est redevenu extrêmement compétitif. Les villes qui avaient basculé vers les écologistes en 2020 semblent aujourd’hui traversées par des dynamiques électorales multiples, mêlant recomposition de la gauche, regain de la droite et percées de nouvelles figures locales.
Dans plusieurs cas, les écarts sont suffisamment serrés pour laisser place à toutes les hypothèses. Les alliances de second tour, les reports de voix et la participation pourraient encore transformer profondément les résultats finaux.
Ce premier tour marque ainsi un moment charnière pour les écologistes municipaux. Après l’élan spectaculaire de 2020, ils doivent désormais défendre leurs positions dans des contextes électoraux souvent beaucoup plus fragmentés. Et dans certaines villes, la bataille du second tour s’annonce déjà comme l’une des plus incertaines depuis plusieurs années.
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