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Première femme à la tête de la Cour des comptes… et déjà contestée : le pari risqué d’Amélie de Montchalin

11 février 2026 - 14 : 00
par Laura Amélie de Montchalin deviendrait la première femme présidente de la Cour des comptes. Une avancée historique éclipsée par une vive polémique politique.

C’est une avancée symbolique majeure. Si sa nomination est confirmée, Amélie de Montchalin deviendra la première femme à présider la Cour des comptes depuis la création de l’institution il y a plus de deux siècles.

Première femme à la tête de la Cour des comptes… et déjà contestée : le pari risqué d’Amélie de Montchalin

À 40 ans, la ministre des Comptes publics franchirait un cap historique. Mais cette dimension pionnière est aujourd’hui éclipsée par une tempête politique.

Emmanuel Macron a choisi de confier à l’une de ses ministres clés les rênes de l’institution chargée de contrôler les finances publiques. Un choix qui, sur le papier, peut sembler cohérent : qui mieux qu’une spécialiste des comptes publics pour en vérifier la régularité ? Pourtant, cette logique technocratique se heurte à une réalité politique plus explosive.

Car la Cour des comptes n’est pas un simple organe administratif. Elle incarne un contre-pouvoir essentiel. Ses rapports peuvent fragiliser des politiques publiques, pointer des dérives budgétaires et influencer durablement le débat national. Sa crédibilité repose sur une indépendance absolue, autant dans les faits que dans l’image qu’elle renvoie.

Les critiques n’ont pas tardé. Éric Coquerel estime qu’une telle nomination met en péril la neutralité attendue. Éric Ciotti y voit un verrouillage du système. François Ruffin parle d’une “République des copains”. La charge est collective, inhabituelle et particulièrement visible.

Dans ce contexte, la dimension historique de la nomination passe presque au second plan. Le symbole d’une femme accédant à un sommet institutionnel se retrouve noyé dans un débat sur la séparation des pouvoirs. Amélie de Montchalin, qui sort d’un long marathon budgétaire pour 2026, se retrouve propulsée au cœur d’un affrontement politique qui dépasse sa personne.

Roland Lescure tente d’éteindre l’incendie en soulignant sa capacité à gouverner “en toute indépendance”. Mais le débat est désormais installé. Ce qui devait être un moment historique pourrait bien devenir l’un des épisodes les plus sensibles de la fin du quinquennat.

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Laura
Je suis gourmande, susceptible et râleuse (surtout quand on veut goûter mon dessert). Mais à part ça, je ne mords pas, je vous jure !