Être président de la République, ce n’est pas seulement trancher des dossiers économiques ou défendre une ligne politique.

C’est aussi apprendre à composer avec des règles tacites, rarement expliquées au grand public. François Hollande en a fait l’expérience tout au long de son mandat, notamment lors d’une soirée devenue emblématique de la complexité du pouvoir.
En 2014, alors que la France commémore le Débarquement, l’Élysée devient l’épicentre d’une diplomatie mondiale sous tension. Les chefs d’État se succèdent, les échanges sont scrutés, et chaque image peut devenir un symbole. Ce soir-là, François Hollande est attendu à deux dîners distincts, programmés à deux horaires différents. Une situation inhabituelle, mais rendue nécessaire par le contexte international.
La règle est simple, mais inflexible : ne jamais forcer une rencontre qui pourrait être interprétée comme un message politique involontaire. À l’époque, les relations entre Washington et Moscou sont particulièrement sensibles. Il est donc exclu que Barack Obama et Vladimir Poutine se retrouvent dans le même cadre informel. La solution consiste à fractionner la soirée présidentielle.
À 19 heures, François Hollande honore un premier engagement dans un restaurant, dans une atmosphère plus feutrée. Deux heures plus tard, il endosse à nouveau son rôle d’hôte à l’Élysée, pour un second dîner officiel. Deux repas, deux conversations stratégiques, mais une seule ligne de conduite : préserver les équilibres diplomatiques.
Cette règle invisible du pouvoir s’applique bien au-delà de cet événement précis. Chaque invitation, chaque placement à table, chaque minute compte. Pour François Hollande, cette soirée reste un symbole fort de la solitude présidentielle, où les choix les plus anodins en apparence peuvent avoir une portée internationale.
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