Ce vendredi, l’atmosphère promet d’être électrique au Palais-Bourbon. Tous les regards sont tournés vers Sébastien Lecornu, le Premier ministre, qui s’apprête à franchir une nouvelle étape décisive pour l’avenir de son gouvernement.

Après des semaines de débats, de négociations intenses et de compromis fragiles, le budget de l’État pour 2026 arrive à son point de bascule. Un moment politique à haut risque, où chaque geste compte et où la moindre décision peut provoquer une onde de choc.
Le projet de loi de finances pour 2026 revient une dernière fois devant les députés après avoir été rejeté au Sénat la veille. Face à l’absence de majorité claire et à l’impossibilité de trouver un accord suffisamment large à l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu s’apprête à engager la responsabilité de son gouvernement. Le recours à l’article 49.3 de la Constitution apparaît comme la seule option pour permettre l’adoption définitive du texte dans les délais impartis.
Cette décision n’est pas anodine. Lors de sa prise de fonctions à Matignon en septembre dernier, Sébastien Lecornu avait pourtant assuré vouloir limiter l’usage de ce mécanisme institutionnel souvent perçu comme brutal. Mais la réalité parlementaire l’a rapidement rattrapé. Les oppositions se sont montrées inflexibles, rendant toute validation classique du budget quasiment impossible. Dans ce contexte, le Premier ministre n’a eu d’autre choix que de revenir sur cette promesse initiale.
En coulisses, les discussions ont été âpres. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a reconnu que le budget présenté n’était pas parfait. Elle a néanmoins insisté sur le fait qu’il résulte d’un compromis construit patiemment, ligne par ligne, au fil des semaines. Pour sécuriser le soutien tacite de certaines forces politiques, le gouvernement a consenti à plusieurs ajustements notables, notamment sur la fiscalité des ménages.
L’un des points les plus sensibles concerne l’abandon de certaines augmentations d’impôts initialement envisagées. Un geste fort, destiné à rassurer une partie de l’opinion publique et à éviter une fronde politique trop large. Autre annonce marquante : une revalorisation de la prime d’activité, avec une hausse moyenne de 50 euros par mois pour les travailleurs aux revenus modestes, présentée comme un signal social fort dans un contexte économique tendu.
Mais ce vendredi ne marquera pas la fin du suspense. En activant le 49.3, Sébastien Lecornu s’expose automatiquement au dépôt de motions de censure. Deux initiatives sont déjà dans les tuyaux : l’une portée par la gauche, hors Parti socialiste, et l’autre par le Rassemblement national et ses alliés de l’UDR. Ces motions devraient être examinées en début de semaine prochaine, probablement lundi ou mardi.
Le calcul du gouvernement repose sur un élément clé : la non-censure annoncée du Parti socialiste et des Républicains. Sans leur soutien, les motions n’ont mathématiquement aucune chance d’aboutir. Si ce scénario se confirme, Sébastien Lecornu pourra alors revendiquer une victoire politique majeure : celle d’avoir permis à l’État de se doter d’un budget pour 2026, évitant ainsi une paralysie institutionnelle.
Une fois cette séquence close, le texte pourrait être promulgué au plus tard à la mi-février. Mais en attendant, la journée de vendredi s’annonce comme l’une des plus tendues du quinquennat pour le Premier ministre, conscient que chaque passage en force laisse des traces durables dans le paysage politique.
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