Pendant de longues minutes, Jannik Sinner a donné l’impression de contrôler son destin. Plus jeune, plus explosif, sûr de ses forces, l’Italien semblait parfaitement armé pour dominer Novak Djokovic dans ce duel à très haute intensité. Et pourtant, au fil des heures, quelque chose s’est fissuré.

Le match débute sur un rythme impressionnant. Sinner impose sa cadence, frappe fort, déplace Djokovic d’un coin à l’autre du court. Le Serbe encaisse, recule parfois, mais observe. Cette capacité à lire le jeu adverse, à analyser chaque réaction, devient peu à peu une arme invisible.
À mesure que la rencontre s’étire, les échanges deviennent plus longs, plus exigeants. Sinner continue d’attaquer, mais commence à douter dans les moments clés. Les balles de break se multiplient, sans jamais se concrétiser. Face à lui, Djokovic sauve point après point, sans gestes spectaculaires, mais avec une précision chirurgicale.
Le tournant psychologique s’opère dans les instants de tension maximale. Là où Sinner hésite, Djokovic temporise. Là où l’Italien cherche la frappe gagnante, le Serbe rallonge l’échange. Ce contraste finit par peser lourd sur les épaules du numéro 2 mondial.
Dans le cinquième set, cette fragilité mentale devient évidente. Les occasions sont là, mais elles échappent les unes après les autres. Chaque échec semble laisser une trace, chaque point perdu renforce l’impression que le match lui glisse entre les doigts. Djokovic, lui, attend calmement l’ouverture.
Lorsqu’elle arrive, elle est fatale. Une seule faille suffit au Serbe pour prendre l’ascendant. Sinner tente de réagir, pousse encore, mais l’issue semble déjà écrite. Le public sent que l’expérience vient de faire la différence.
Ce match restera comme un rappel cruel : au plus haut niveau, la dimension mentale est parfois plus décisive que la puissance ou la jeunesse. Et face à Novak Djokovic, cette leçon est souvent apprise dans la douleur.
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