Chaque mois de janvier, la galette des rois s’impose comme un rituel incontournable. On la partage avec excitation, on scrute chaque bouchée, on plaisante sur celui ou celle qui devra offrir la prochaine galette. Mais derrière les murs de l’Élysée, cette tradition prend une toute autre dimension.

Lors de la cérémonie officielle de l’Épiphanie, le président de la République accueille les meilleurs artisans boulangers et pâtissiers de France. Tous se retrouvent autour d’une galette soigneusement préparée pour l’occasion. Pourtant, un élément fondamental manque à l’appel : la fameuse fève. Résultat, personne ne devient roi ou reine à l’Élysée.
Cette absence intrigue régulièrement l’opinion publique. Pourquoi priver une tradition aussi populaire de son symbole le plus emblématique ? La réponse se trouve dans les fondements mêmes de la République française. Le président, élu démocratiquement, ne peut être associé à une quelconque représentation monarchique, même temporaire.
La fève, en désignant un roi d’un jour, renvoie à une symbolique de pouvoir héréditaire et de couronne, incompatible avec les valeurs républicaines. À l’Élysée, chaque geste est pensé pour éviter toute confusion entre tradition festive et fonction politique. Supprimer la fève permet de conserver une neutralité totale.
Cette règle ne date pas d’hier. Depuis l’instauration de la galette à l’Élysée dans les années 1970, aucun président n’a jamais dérogé à cette coutume. Qu’il s’agisse d’un moment de détente ou d’une cérémonie gourmande, le cadre institutionnel reste strictement respecté.
Pour autant, l’ambiance n’est pas austère. Bien au contraire. La galette est l’occasion de célébrer les métiers de l’artisanat, de valoriser les jeunes talents et de rappeler l’importance du savoir-faire français. Les invités dégustent une galette d’exception, préparée par une maison sélectionnée pour son excellence.
Finalement, à l’Élysée, la galette des rois n’a pas vocation à sacrer un souverain, mais à rappeler que le pouvoir républicain ne se transmet ni par hasard ni par héritage. Une tradition revisitée, mais profondément cohérente avec l’esprit de la République.
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