Derrière les annonces officielles et les chiffres avancés, il y a une émotion dont on parle peu : la peur. À 76 ans, cet ancien ministre ne le cache plus. Depuis la suppression de sa protection policière et de son chauffeur, un sentiment d’insécurité s’est installé. Pas spectaculaire, pas dramatique en apparence, mais bien réel.

Pendant des années, sa vie s’est déroulée sous un cadre sécuritaire strict. Une organisation devenue presque invisible tant elle faisait partie du quotidien. Les déplacements se faisaient sans y penser, les sorties étaient encadrées, la sécurité assurée. Aujourd’hui, ce filet a disparu. Et avec lui, une forme de sérénité.
L’ancien ministre reconnaît avoir été surpris par la rapidité du changement. « On ne se rend pas compte tant que c’est là », confie un proche. À son âge, reprendre certaines habitudes abandonnées depuis des décennies relève du défi. Conduire à nouveau, gérer seul ses déplacements, réfléchir à des détails autrefois pris en charge… Autant de contraintes qui s’accumulent et alimentent une inquiétude sourde.
Cette peur n’est pas forcément liée à une menace précise. Elle est diffuse, alimentée par le sentiment d’être plus vulnérable qu’avant. Avoir occupé des fonctions exposées laisse des traces, et certains anciens responsables craignent que leur nom ou leur passé puisse encore susciter des réactions hostiles.
Dans l’opinion publique, ce ressenti divise. Certains estiment que cette peur est le prix à payer pour une réforme jugée nécessaire. D’autres se montrent plus compréhensifs, rappelant que ces responsables ont souvent été en première ligne dans des périodes de crise et que leur sécurité ne devrait pas être balayée d’un revers de main.
Ce témoignage met en lumière une réalité rarement évoquée : la sortie du pouvoir ne se fait pas toujours en douceur. Pour cet ex-ministre, la fin de la protection policière n’est pas seulement une décision administrative. C’est une épreuve psychologique, faite d’adaptation forcée et d’une peur qu’il n’avait plus ressentie depuis longtemps.
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