Invité ce dimanche 4 janvier sur le plateau de BFMTV, Dominique de Villepin a livré une analyse sans concession de la situation politique française.

Fidèle à son style tranchant et à son goût pour les formules qui marquent, l’ancien Premier ministre n’a pas hésité à s’en prendre frontalement à Jordan Bardella, présenté par certains sondages comme un possible successeur de Marine Le Pen pour la prochaine présidentielle.
Dans un paysage politique qu’il juge figé et appauvri, Dominique de Villepin a également profité de cette prise de parole pour adresser un tacle appuyé à Emmanuel Macron, qu’il accuse de ne jamais avoir su tirer les leçons de ses erreurs. Une sortie médiatique forte, qui fait déjà réagir bien au-delà des plateaux télévisés.
Dominique de Villepin fustige l’absence d’alternative politique crédible
Face aux chiffres évoqués à l’antenne, faisant état d’environ 35 % d’intentions de vote en faveur de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, Dominique de Villepin a d’abord tenu à relativiser. Selon lui, ces scores impressionnants ne traduisent pas une adhésion massive à un projet, mais plutôt un vide politique inquiétant.
L’ancien chef du gouvernement l’affirme sans détour : si les Français se tournent aujourd’hui vers le Rassemblement national, ce n’est pas par conviction profonde, mais parce qu’ils ne perçoivent aucune alternative crédible. À ses yeux, l’élection présidentielle n’est pas encore entrée dans la tête des électeurs. Elle reste une abstraction, un rendez-vous lointain sur lequel peu de Français ont réellement pris le temps de réfléchir.
Dominique de Villepin pointe ainsi une responsabilité collective de la classe politique, incapable selon lui de proposer une vision claire, structurée et rassurante pour l’avenir du pays. Une analyse qui replace le succès de Jordan Bardella dans un contexte plus large, celui d’un désenchantement démocratique profond.
“Zéro heure de vol au compteur” : la métaphore qui vise Jordan Bardella
C’est la phrase qui a marqué les esprits et fait le tour des réseaux sociaux. Pour illustrer son propos, Dominique de Villepin a utilisé une métaphore aéronautique particulièrement parlante.
« Est-ce que vous monteriez dans un A380 avec, à sa tête, un pilote qui aurait zéro heure de vol au compteur ? » a-t-il lancé, visant directement Jordan Bardella. Une image forte, presque brutale, qui résume à elle seule la critique centrale formulée par l’ancien Premier ministre : l’absence totale d’expérience exécutive du président du Rassemblement national.
S’il reconnaît que le procès en incompétence n’est pas toujours pertinent, Dominique de Villepin insiste sur un point fondamental : la différence entre compétence théorique et expérience concrète. Pour lui, diriger un pays comme la France ne peut s’improviser, et nécessite bien plus qu’un talent de communicant ou une popularité acquise dans les sondages.
Cette attaque directe place Jordan Bardella face à une question centrale de la présidentielle à venir : celle de sa légitimité à gouverner, au-delà de son image et de son âge.
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L’expérience au cœur du débat présidentiel
En nuançant son propos, Dominique de Villepin a tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas de refuser toute nouvelle génération politique. Selon lui, la jeunesse n’est pas un défaut en soi. En revanche, l’absence totale de vécu institutionnel et de gestion de crise pose problème lorsqu’il s’agit de briguer la fonction suprême.
L’ancien Premier ministre rappelle ainsi que la présidence de la République exige une connaissance fine des rouages de l’État, des relations internationales, de la diplomatie et des équilibres économiques. Autant de domaines dans lesquels l’expérience s’acquiert sur le terrain, souvent au prix d’erreurs et de décisions difficiles.
Ce rappel appuyé résonne comme un avertissement : à quelques mois du lancement officieux de la campagne présidentielle, la question de l’expérience politique réelle pourrait devenir l’un des axes majeurs du débat public.
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Dominique de Villepin critique sévèrement Emmanuel Macron
Si Jordan Bardella a été la cible la plus directe de Dominique de Villepin, Emmanuel Macron n’a pas été épargné pour autant. L’ancien Premier ministre a tenu à rappeler que l’expérience, à elle seule, ne garantit pas le succès.
Il cite ainsi François Hollande et Emmanuel Macron, tous deux dotés d’un solide parcours politique avant leur accession à l’Élysée, mais dont les résultats, selon lui, n’ont pas été à la hauteur des attentes. Pour Dominique de Villepin, la différence se situe ailleurs : dans la capacité à apprendre de ses erreurs.
Et sur ce point, son jugement à l’égard du chef de l’État actuel est particulièrement sévère. Il estime qu’Emmanuel Macron n’a jamais su remettre en question ses choix, ni infléchir sa méthode malgré les crises successives qui ont marqué ses mandats.
“Il n’a jamais tiré les leçons de ses erreurs”
La phrase est lourde de sens et pourrait durablement marquer le débat politique. Pour Dominique de Villepin, la “marque de fabrique” d’Emmanuel Macron réside dans son incapacité à reconnaître ses échecs et à en tirer des enseignements.
Une critique qui fait écho à de nombreux reproches formulés ces dernières années : gestion des crises sociales, rapport au dialogue démocratique, ou encore style de gouvernance jugé trop vertical. En dressant ce constat, l’ancien Premier ministre renvoie dos à dos les arguments en faveur de l’expérience et ceux de la nouveauté politique.
Son message est clair : l’expérience sans remise en question est aussi dangereuse que l’inexpérience totale. Une manière habile de rappeler que la présidentielle ne se résume pas à un choix binaire entre figures établies et nouveaux visages.
Une prise de parole qui relance le débat politique
La sortie de Dominique de Villepin sur BFMTV ne laisse personne indifférent. En quelques minutes, l’ancien Premier ministre a réussi à remettre au centre du débat des notions clés comme l’expérience, la compétence, l’apprentissage des erreurs et la responsabilité politique.
En visant à la fois Jordan Bardella et Emmanuel Macron, il s’est posé en observateur critique d’un système qu’il juge à bout de souffle. Une posture qui pourrait séduire une partie de l’opinion, en quête de discours clairs et de hauteur de vue.
À mesure que la présidentielle approche, cette intervention pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont les candidats seront interrogés sur leur parcours, leur crédibilité et leur capacité réelle à gouverner.
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